2° Dimanche de Carême
Frères et Sœurs, Il vous est arrivé comme moi de penser à ce que serait la vie sur terre si tous les hommes vivaient en paix, s’il n’y avait entre eux aucune violence, aucune guerre, aucune jalousie, aucune volonté de domination, aucune forme d’exploitation, aucun esclavage, aucun racisme ; si les nations riches donnaient une part de leur richesse dont elles sont pourvues pour avoir pillé le sous sol des pays pauvres et leur avoir volé le pétrole, l’or, les minerais de fer et d’argent, le diamant, les bois précieux ; si personne ne mourrait de faim, de cancer, et de toutes sortes de maladie ; si les personnes âgées, les sidéens, les handicapés étaient réellement, aidés, soignés et pris en charge ; si les familles étaient heureuses avec leurs enfants, si les couples ne vivaient pas dans la crainte du divorce ; si les jeunes gens et les jeunes filles ne sombraient pas dans la drogue, l’ alcool et la prostitution ; si chacun avait une maison, un lit pour dormir, un travail pour n’être pas au chômage ; si les grosses entreprises diminuaient leur profit, au bénéfice des pauvres, si, si…et j’en passe.. Cela s’appelle un rêve. ! On rêve d’un autre monde qu’on imagine de telle ou telle façon. Il n’est pas interdit de rêver, bien sûr, mais cela ne mène à rien. Par contre dans la prière, je vois le monde autrement, je vois les gens autrement. Je m’aperçois en réfléchissant que tout n’est pas triste et désespérant. En faisant silence en moi, en faisant l’effort de taire en moi le dégoût et la révolte, la tristesse et l’angoisse, je vois les choses et les personnes avec d’autres yeux. Et de fait, il y a dans le monde des gestes de solidarité, de partage, d’écoute, d’attention aux autres. Il y a aussi des hommes et de femmes qui laissent leur foyer et qui partent dans les pays du tiers-monde pour soigner des malades, pour enseigner ou aider à la construction d’écoles, d’hôpitaux ; il y a des personnes qui donnent de leur temps, de leur agent et qui sacrifient leur loisir pour se mettre au service des plus démunis. Les restaurants du cœur, les médecins et pharmaciens sans frontières, le secours catholique, le secours populaire, toutes les associations qui accueillent les drogués sont composées de gens comme vous et moi qui ne font pas que rêver. C’est vrai ! dans le silence, dans la prière, on voit les choses tout autrement. Ce n’est pas que le monde aurait changé, mais c’est moi qui vois les choses comme je ne les avais jamais vues. Le monde s’est transfiguré à mes yeux. Est-ce à dire que le monde aurait changé ? non ! C’est moi qui dans le silence ou la prière vois avec d’autres yeux et entend avec d’autres oreilles. De la même manière, sur la montagne, les apôtres que Jésus avaient choisi ont fait la même expérience. D’abord pourquoi seulement Pierre, Jean et Jacques ? Parce que eux allaient jouer une rôle important dans le groupe apostolique. Ils allaient être en effet les leaders du groupe. Il fallait qu’ils voient et comprennent qui est leur maître Jésus, pour ne pas sombrer dans le doute durant la passion, en voyant Jésus couvert de sang, maltraité, méprisé, insulté, crucifié. Ensuite, Jésus les conduit à l’écart pour être dans le silence et dans la prière. Et c’est là, pendant qu’ils priaient, qu’ils découvrent Jésus tout autre, qu’ils le voient comme ils ne l’avaient jamais vu, qu’ils l’entendent comme ils ne l’avaient jamais entendu. Ils comprennent que Jésus est le Fils bien-aimé du Père. Ils comprennent que Jésus accomplit Ce passage d’évangile nous enseigne quelque chose de très important. Dans le silence, dans la foi, dans la prière, les choses peuvent se transfigurer à nos yeux. Combien de fois par ex. somme-nous venus à la messe, avons-nous entendu tel ou tel passage d’évangile et l’explication qui nous était donnée. Et puis jour, une sorte une lumière a resplendi dans notre cœur et nous avons trouvé une sorte de joie dans ce que nous avions découvert. Combien de fois avons chanté un cantique, et puis un beau jour tel couplet a fait tilt dans notre cœur. Celui qui prie, de la même manière, entre dans une épreuve de vérité où sa vie est mise à nu, car il ne lui est plus possible de garder ses masques. Alors dans le dépouillement de ses faux-semblants, il découvre le regard d’amour que Dieu pose sur lui. Prier en vérité transfigure la lassitude, la tristesse du quotidien et nous fait regarder différemment les soucis, les travaux , les épreuves, les grandeurs et les faiblesses de notre vie. Regardons avec amour le Christ en croix, et cette croix sera transfigurée à nos yeux. Regardons le Pain et le vin consacré, ils seront transfigurés à nos yeux comme le Corps et le sang du Christ versé notre salut. C’est une joie que nous donne la foi, Frères et sœurs, de reconnaître en ce signe eucharistique la tendresse de Dieu. Or si cela est une réalité pour nous, une Bonne nouvelle, qui nous fait vivre comment ne pas la partager avec les autres. ? Comment ne pas chercher à la transmettre, à la communiquer. Aussi l’Eglise mesure-t-elle l’extraordinaire chance d’accès à la culture que représente, entre autre, l’internet, les moyens modernes de communication. Elle est aussi consciente de l’impact des medias sur les jeunes générations. Que le Seigneur nous donne d’être de témoins renouvelés par l’écoute de