Nativité de St.Jean-Baptiste

Publié le par Yves GILLOT

De Vinci dernière oeuvre représentant Saint-Jean Baptiste.

Nativité de st. J-Baptiste –2004

Frères et Sœurs,

St.J-Baptiste est un maillon important dans l’histoire du peuple de Dieu. C’est pourquoi, comme la Vierge Marie , l’Eglise célèbre la naissance de Jean. La naissance de J-Baptiste est un événement qui constitue, comme cela fut vrai aussi pour Jésus, une sorte de tournant historique. Voyez : le jour rituel de la circoncision on voulait l’appeler selon la coutume comme son père, Zacharie, mais sa mère déclara : « non ! il s’appellera Jean ».  Mieux encore, st. Luc décrit son entrée en scène d’une façon solennelle. « L’an quinze du gouvernement de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée , Hérode Tétrarque de Galilée, Philippe son frère Tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias Tétrarque d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la Parole de Dieu fut adressée à Jean fils de Zacharie dans le désert.. » Cette solennité de la parole me fait penser à l’émergence, ou si vous voulez, l’apparition ou la manifestation d’un événement dont on veut marquer les liens historiques avec les grands personnages de l’époque.

Vous avez déjà sans doute assisté à la pose de la première pierre d’un édifice (par ex. un hôpital, un centre culturel ou sportif, une église). On rédige un texte solennel sur un parchemin  rappelant la date, les noms des gouvernants et des politiques. On y ajoute aussi des signatures, des médailles, des pièces de monnaie). Et  puis, on enfouit tout cela dans la terre en même temps que la première pierre. Ceux qui, quelques siècles plus tard, vont découvrir cette pierre connaîtront l’importance  de l’édifice et les circonstances historiques de son érection.

J-Baptiste représente un peu cette première pierre dans l’histoire qui ouvre la venue du Fils de Dieu. L’importance de la naissance de J-Baptiste et de sa vocation n’a donc pas échappé aux évangélistes qui notent tous, ce que j’appellerai « la nouveauté de ce prophète ». Il était vraiment nouveau par la vigueur de son enseignement, et le témoignage de sa vie.

D’abord on nous dit qu’il était dans le désert, vêtu d’un vêtement tissé de poils de chameau avec une ceinture aux reins, qu’il se nourrissait de lait et de miel sauvage, qu’il s’adressait aux Scribes et aux Pharisiens en les traitant de race de vipères, aux collecteurs d’impôts en leur disant de n’exiger rien de plus que ce qui leur était fixé, aux soldats  de ne pas mal traiter les gens mais de se contenter de leurs soldes.

Un homme nouveau, oui : il ne s’habillait pas comme tout le monde, il ne mangeait pas comme tout le monde, il ne parlait pas comme tout le monde, bref un personnage hors du commun. Encore un peu on l’aurait pris pour un détraqué, un sauvage du désert. Mais non, loin delà. ! La sagesse de sa parole et de sa prédication révélait, au contraire, qu’il était habité par un Esprit tout autre que les aristocrates de Jérusalem.

Nouveau encore, il l’était, par son courage pour avoir osé dire au Prince Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Et on sait ce qui lui a coûté : Hérode l’a fait, décapiter, trancher la tête, et vous savez dans quelle circonstance.

Homme nouveau encore, J-Baptiste l’était parce qu’il allait jouer un rôle prophétique jusque là inédit. Il invitait les gens, dans l’attente du Messie, au partage et à la pénitence, « si vous avez deux tuniques, donnez-en une à celui qui n’en pas ». Il invitait tous ceux qui le voulaient à recevoir le baptême de pénitence sur les bords du Jourdain. Et les petites gens y venaient(on nous dit même que tout Jérusalem venait l’entendre) et recevaient par lui le baptême de conversion pour préparer la venue du sauveur. Jusqu’au jour où Jésus de Nazareth, son cousin vient, lui aussi, sur les bords du Jourdain recevoir ce même baptême.

La nouveauté de J-Baptiste réside enfin  dans la manière dont il concevait sa mission. Il ne s’employait pas à se faire voir ou à se faire valoir ou à se faire considérer. Lorsqu’on est venu lui demander « es-tu le Messie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas ! » « Es-tu le grand Prophète ? » Il répondit encore : « Non ! ». « Qui es-tu donc ? » Il répondit :  « Je suis une voix qui crie dans le désert. ». « Il vient après moi quelqu’un qui est plus puisant que moi…Je ne suis pas digne de délier les lanières de ses sandales .Moi, je vous baptise dans l’eau, mais lui vous baptisera dans l’Esprit saint et dans le feu ! ».  Il portait tout simplement une bonne nouvelle. Il était comme le facteur  qui porte une lettre. Il était le facteur de Dieu, le messager de Dieu. « Les temps sont arrivés, disait-il, le Seigneur vient, préparez les chemins du Seigneur. Aplanissez la route. Rendez droits ses sentiers.. » Et le jour où Jean verra, de ses yeux, celui dont il est venu annoncer la venue, Jésus de Nazareth, il dira « Voici l’agneau de Dieu.. »

La naissance de Jean-Baptiste est un tournant dans l’histoire et dans la vie du peuple de Dieu, car Jean est le dernier des prophètes et le plus grand parmi eux( dit l’évangile). Il est à la charnière de deux mondes. Il est pour reprendre une expression célèbre comme le gond, le genou, le coude, l’articulation de deux histoires, l’ancien et le nouveau testament. C’est pourquoi il est important de comprendre le rôle qu’il a joué à son époque afin que nous-mêmes nous trouvions une inspiration, un exemple.

Il peut en effet nous inspirer dans notre rôle de d’éducateur, même de père ou de mère de famille, de tous ceux, en somme, qui ont une responsabilité dans l’éducation. J-Baptiste disait parlant de Jésus, « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue ». C’est bien la vocation de tous ceux qui ont le sentiment d’accomplir un travail d’éducation auprès des jeunes.

Et puis, Frères et sœurs, ne sommes-nous pas entrés nous aussi dans un monde qui donne l’impression d’être dans un tournant. Tous les événements qui arrivent ici, en Guadeloupe ou ailleurs, sont autant de clignotants d’un monde qui change et qui se transforme. D’ailleurs nous en avons tous le sentiment plus ou moins, quand nous disons : « ce n’est plus comme avant, le monde a complètement changé, de mon temps ce n’était pas comme ça, je ne comprends plus rien ! ».On a ainsi l’impression d’être bousculé, dépassé. Les progrès spectaculaires de la science et de la médecine  nous ont fait passer du moyen-âge à la modernité. Désormais on peut aller plus vite et plus loin dans l’univers et dans l’espace. On peut communiquer en un clin d’œil avec n’importe quelle partie du monde(avec l’internet, le mobile, le fax). On vit plus longtemps, grâce aux progrès de la médecine ; on sait mieux ce qu’il faut manger et ce dont il faut s’abstenir . Et puis, il y a   le terrorisme qui a brutalement  fait son apparition et qui fait peur à tout le monde . Il y a l’immigration massive des peuples, des pauvres gens qui crèvent la misère, qui affluent notamment vers l’Europe, un continent  perçu comme la terre où coule lait et le miel. L’Europe lui-même perçoit la nécessité de sortir de l’individualisme,(25 Etats forment désormais l’Union Européenne), On a besoin d’être plus fort, plus uni, par une convention et une monnaie commune.  Au niveau même de la Guadeloupe , les revendications sociales ne sont-elles pas comme des appels pour une plus grande dignité et une plus grande responsabilité. On ne veut plus rester la bouche fermée. Nous sommes véritablement dans un monde en plein changement. Baptisés et confirmés nous y sommes réellement comme des prophètes. Un prophète ce n’est pas quelqu’un qui sait tout, ou qui voit l’avenir dans une boule de cristal ou dans le marc de café, mais quelqu’un qui parle avec l’autorité, et le courage que lui donne la Foi , parfois même en allant à contre-courant de l’opinion publique. Jean le Baptiste a été ce prophète courageux qui a élevé la voix pour rappeler les exigences de la vérité et de la justice dans un monde superficiel et cruel.  Etre prophète c’est  oser dire oui à l’amour, oui à la paix, oui au pardon, oui au partage. C’est oser aussi dire non à tout ce qui écrase l’homme,  ou qui dégrade la personne humaine. Non à la violence,  non à l’avortement, au clonage, au manipulation génétique,  au racisme. C’est aller, évidemment, à contre-courant de l’opinion publique, de ce que les gens disent parfois  ou pensent. Mais l’Esprit de Dieu nous a été donné, justement, pour témoigner que Dieu  est Vivant, qu’il est Le Vivant, qu’il est la Vie , qu’il est l’Amour, qu’il nous veut plus vivant, mieux vivant. L’Evangile n’est que cela.. Tout ce qui va contre cet évangile est contre l’homme et par conséquent contre Dieu. Que cet homme de Dieu, Jean le Baptiste intercède pour nous : que nous puissions comme lui, témoigner humblement de la vérité et de la force de l’Evangile. Amen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans lemoule

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D
Bonjour ! un ptit coucou ! <br /> <br /> <br /> bonne soirée ! bisous !
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