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7° dimanche C Frères et Sœurs, C’est souvent qu’on nous fait le reproche : « vous entendez l’évangile, et une fois dehors, une fois la messe terminée, vous vous comportez comme des ennemis les uns envers les autres ». C’est vrai !Nous sommes des croyants, mais pas des convertis. « Vous entendez l’évangile, et une fois la messe terminée, vous allez voir le sorcier, le menti-menteur, parce vous êtes en guerre avec un voisin, ou une voisine » . C’est vrai ! nous sommes des croyants, mais pas des convertis. On nous reproche encore : « vous demandez à Dieu pardon pour vos péchés, mais dehors une fois la messe terminée, vous refusez le pardon même pour une toute petite chose ». C’est vrai ! nous sommes des croyants, mais pas des convertis.
On pourrait dire que l’évangile de ce dimanche est comme une suite « illustrée » des béatitudes que nous méditions dimanche dernier. Car St. Luc rassemble ces paroles exigeantes que Jésus a prononcées, ici et là, en diverses circonstances pour en faire une sorte de bouquet, qui pourrait s’appeler le « sommet de l’amour » ou « l’amour jusqu’au bout ». Mais, attention !l’amour ne veut pas dire n’importe quoi, n’importe quelle tolérance, n’importe quelle injustice. Je m’explique. Jésus dit dans ce passage d’évangile « à celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre. » Mais lui-même Jésus le jour de son procès devant le Grand Prêtre, rappelez-vous, quand on lui a donné une gifle, il a dit : « si j’ai dit la vérité, pourquoi me frappes-tu ? ». Jésus se défend. On a le devoir de se défendre pour faire triompher la justice et faire reconnaître son droit. Et puis pardonner ce n’est pas nécessairement oublier. C’est le cas de cette femme qui raconte : « J’étais étudiante à Paris, quand j’ai rencontré mon mari. Il m’a demandé en mariage, alors que je n’avais pas fini mes études. Je lui ai dit d’attendre qu’on soit de retour en Guadeloupe. Après maintes discussions, d’interventions, de supplications, et ceci et cela, j’ai fini par accepter. J’ai eu un enfant, puis deux enfants. J’ai abandonné mes études. De retour en Guadeloupe, après quelques années de vie commune, mon mari m’a abandonné avec deux enfants sur les bras, sans travail, sans logement, sans argent, avec une santé fragile. Ma vie a été gâchée. (Je ne vous raconte pas le reste), et elle termina ses propos en pleurant.. » Dans l’épreuve du divorce, beaucoup de femmes, beaucoup de maris, (quelques furent les raisons de leur séparation,) ont été au bord du désespoir, et même du suicide, au point que l’une d’entre elles me disaient un jour : « Mon Père, si ce n’était pas mes enfants, il y a longtemps que je me serais suicidé.. » Oui c’est vrai, on peut nous faire le proche de n’être pas à la hauteur des exigences de l’évangile, mais « qui de nous peut prétendre épuiser tout le message de l’évangile, le réduire à une seule voix disait le Cardinal Etchegaray. N’a-t-il pas fallu à l’Eglise « quatre évangiles » pour essayer de dévisager les traits de l’unique sauveur des hommes ?..La diversité des visages est le signe de l’inépuisable richesse de l’Eglise. Cela veut dire que nous sommes des visages différents, des personnes différentes, chacun vit cet amour, cette charité à sa manière, selon l’appel qu’il a entendu. Différents, mais oui ! Qui peut imiter par ex. Sœur Thérésa de Calcutta, l’Abbé Pierre, Sœur Emmanuel, et pourtant chacun de nous sait, à sa manière, vivre la charité et le pardon des offenses. Combien de fois ?..Pardonner, pardonner, c’est fatiguant, disait quelqu’un, dont on avait cassé la maison une première fois, volé la voiture une seconde fois et (je ne sais plus quoi encore). L’Apôtre Pierre a lui même posé la question à Jésus « combien de fois faut-il pardonner à mon frère :jusqu’à sept fois ? » Jésus, de répondre, je ne te dis pas jusqu à sept fois, mais jusqu’à soixante dix fois sept fois »( i.e. toujours). Et aussitôt après, il dit : « Seigneur augmente en nous « Donnez dit Jésus et vous recevrez une mesure bien pleine, tassée secouée, débordante qui sera versée dans votre tablier, car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.. » Si notre cœur, notre amour est étroit comme un dé à coudre, ou au contraire si notre cœur, notre amour est immense comme l’océan atlantique, alors nous serons mesurés de la même manière. Cela nous l’avons compris, mais en réalité nous sommes des hommes et des femmes de calcul. Frères et sœurs, prions le Seigneur : lui qui nous pardonne au-delà de nos fautes, lui qui nous aime au-delà de nos infidélités, qu’il nous donne la force de
Comment voulez-vous que cette femme puisse oublier ce qu’elle a vécu, et sa situation présente. Cela est impossible ! Elle a mis du temps pour ne pas sombrer dans le désespoir et être victorieuse de la vengeance. Les plaies ne guérissent pas du jour au lendemain. Il faut du temps, parfois beaucoup de temps, pour qu’elles se cicatrisent. On arrive à pardonner à ceux qui nous ont fait du mal, mais il faut passer par l’épreuve de la souffrance. Et puis ceux qui sont arrivés à pardonner, c’est au contact du Christ lui-même, qu’ils ont contaminé cette force du pardon. Si nous ne fréquentons que les gens qui disent du mal des autres, nous finirons de la même manière par être contaminés, et finalement par les imiter.