Dimanche de la Trinité. Frères et sœurs, C’est difficile de parler de Dieu. Les mots que nous utilisons ne disent de Dieu qu’une réalité très imparfaite. Nous sommes comme des enfants : nous balbutions des mots, à peine compréhensibles, pour dire le mystère de Dieu. Car Dieu est un mystère, une réalité cachée, « Deus absconditus, Dieu caché, dit la Bible » i.e. au-delà de toute expression humaine. Ce n’est pas au bout d’un raisonnement que l’on peut donner la preuve de l’existence de Dieu. Comme deux et deux font quatre. Ce n’est pas avec l’ordinateur ou une machine à calculer que l’on peut dire quelque chose de lui. Toutefois, il y a des chemins qui conduisent à Lui. Le premier chemin, c’est la création. De la beauté des choses crées, nous pouvons aller jusqu’à deviner l’artiste qui est à l’origine de son œuvre. Ainsi par ex. le sculpteur d’une statue, l’architecte d’un monument, ou l’auteur d’une œuvre artistique quelconque révèle sa puissance, son génie, son talent, son intelligence et même ses sentiments cachés. On raconte que Michel Ange, sculpteur, architecte et poète italien, qui a vécu au 14-15° siècle, après avoir sculpté une magnifique statue de David, une statue tellement belle, tellement parfaite, qu’il l’a frappé avec ses mains, comme on tape sur enfant, en lui disant : « parle donc ! ». Effectivement les œuvres des artistes (tableaux, sculpture, monument) parlent à ceux qui savent les regarder. Il en va de même pour la création. Quand je dis « la création », je pense aussi à l’ordre dans la création, à la stabilité de ses lois physiques. Il y a le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Aucune saison ne passe avant l’autre…La création nous conduit donc jusqu’à Dieu. La Bible le dit. Un deuxième chemin, c’est l’homme lui-même. Nous avons été crées à l’image de Dieu, et à sa ressemblance. Cela veut dire que nous pouvons découvrir en nous quelque trace qui nous conduise à notre créateur. Nous ne sommes pas une chose inerte, mais personne humaine, chair et esprit, capable de créer, d’inventer, d’aimer, d’engendrer et même de mémoriser le passé. Personne ne peut se faire soi-même : chacun de nous a été engendré. Chacun a reçu la Vie. Et nous savons bien que nous ne sommes pas propriétaire de notre vie, nous en sommes les locataires. Il faudra un jour remettre les clés. Il y a un troisième chemin : c’est la révélation de Jésus. C’est Jésus qui nous conduit à une véritable connaissance de Dieu, une connaissance absolument inouïe. Il nous révèle qui est Dieu. La Bible dit de Dieu : « Deus absconditus, tu es un Dieu caché » « Révéler », cela veut dire « enlever le voile ». Quand Jésus enlève le voile, il nous dit que Dieu est Père, Fils, et Esprit. Il est le Père (parce que il est à l’origine de tout). Il est le Fils parce qu’il est un Dieu fraternel à visage humain. Il est l’Esprit parce qu’il est immatériel, souffle de vie, insaisissable, communion du Père et du Fils. Mais il n’y a qu’un seul Dieu, en trois personnes égales, (trois hypostases, disent les grecs) trois personnes distinctes à tel point que nous pouvons dire en vérité Dieu est« LE PERE, LE FILS, LE SAINT ESPRIT ». On inventé un mot pour dire que Dieu est Unique et en même temps Trois : la Trinité. Ce n’est pas une abstraction, mais une famille, la famille divine, à laquelle nous avons été intégrés par le baptême. Nous avons été élevés à cette dignité extraordinaire d’avoir été adoptés par la famille divine. En faisant le signe de la croix, nous nous rappelons à nous-même notre véritable dignité. Venu sur terre pour nous « montrer » le Père, Jésus nous a révélé un Dieu qui par son Esprit, fait de nous ses enfants. Saint Paul dans la 2° lecture explique aux chrétiens de Rome comment, par le baptême, l’Esprit nous libère et fait de nous des fils : libérés de la peur, de la mort, nous devenons filles et fils avec le Christ et donc héritiers avec le Christ. C’est la raison pour laquelle nous appelons Dieu « Abba » (i.e. papa !) Enfants du Père, sœurs et frères du Christ, conduits par l’Esprit, nous sommes envoyés, comme les Apôtres à toutes les nations : « Allez donc de toutes les nations faites de disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St Esprit. » Que pouvons dire à Dieu, sinon ce que la liturgie nous fait dire : « Que tes œuvres sont belles !que tes œuvres sont grandes ! Honneur, louange, action de grâce, à toi, notre Dieu, qui es, qui étais et qui viens, dès aujourd’hui et pour l’éternité. » Amen