5° Dimanhe de Pâques. B

Publié le par Yves GILLOT

5° Dimanche de Pâques. B

Frères et sœurs,

« Portez du fruit », voilà une parole que nous avons entendue dans l’Evangile de ce jour, et qui est comme un refrain dans la Bible. Nous la trouvons dans la bouche de Dieu dès le premier jour où il créa l’homme et la femme, et qu’il leur confia la terre entière. « Fructifiez, portez du fruit » (Genèse 1 :22). Mais la Bible nous rapporte aussi la grande déception du Créateur. « Ma Vigne (dit Dieu !) Je comptais sur ses raisins, elle ne m’a donné que de mauvais fruits .

Dieu doit être assez fier, j’imagine, de nous voir, nous ses fils, faire de grandes inventions, de grandes découvertes. Mais est-il fier de nos guerres ? Certainement pas ! Il nous a crées pour être un peuple de frères, pour être une famille unie par les liens de l’amour. Mais ce n’est pas ce que nous voyons. Quand j’étais jeune enfant, j’entendais chanter : « c’est si simple d’aimer ! C’est si simple d’aimer ». Or deux guerres meurtrières (14-18, 39-45), puis récemment la guerre du Golfe, la guerre en ex- Yougoslavie la guerre en Irak, les guerres en Afrique, et la montée de l’intégrisme, de l’égoïsme, de la violence sous toutes ses formes, nous apprennent que ce n’est pas si simple  d’aimer! Et c’est encore plus compliqué quand on se lance dans cette aventure, en se fiant à nos propres forces. Il faut plus que des mots et des sentiments pour aimer. Il faut la sève de Dieu, c’est la grande leçon que Saint Jean veut nous donner aujourd’hui dans l’évangile de  ce dimanche.

Le peuple d’Israël est appelé symboliquement tout au long de la Bible «  la Vigne du Seigneur ». Mais cette Vigne n’a jamais produit que des fruits de médiocre qualité. En se disant la vraie Vigne, Jésus prend le relais du peuple d’Israël et inaugure un peuple nouveau. L’appartenance à ce peuple nouveau par conséquent (et c’est cela qu’il faut bien saisir) n’est plus d’ordre ethnique, racial ou religieux, mais dépend de l’union étroite avec Jésus la Vraie Vigne. C’est pourquoi Jésus dit : «  Demeurez en moi, comme moi en vous. En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Vous ne pouvez rien faire, i.e. vous ne pouvez pas donner de bons fruits. Il est donc nécessaire d’être branché sur le Christ.

Ce que veut le Père, ce n’est pas seulement que nous donnions du fruit, mais encore que nous donnions beaucoup de fruits. Demeurer lié à Jésus, comme la branche à l’arbre, comme le sarment à la vigne c’est accepter aussi de souffrir, d’être comme un sarment que l’on taille pour qu’il produise davantage.

Aussi comme un bon Vigneron le Père va-t-il tailler sa Vigne. Cette image rappelle d’autres paroles de Jésus invitant ses disciples au renoncement, à la conversion. On a toujours l’impression  d’être déjà converti, qu’il n’y a rien à changer dans notre vie. Ce n’est pas vrai ! Il faut sans cesse recommencer. Des morceaux entiers de nos vieilles habitudes parfois s’écroulent lorsque passe le couperet de l’Evangile. Ainsi lorsque nous méditons les paroles du Seigneur, lorsque nous prenons le temps d’approfondir les paroles de l’Evangile (par ex. au cours d’une retraite) nous finissons par comprendre la nécessité et l’urgence d’éliminer ce qui reste  de sauvage en nous.

Parfois des personnes disent : « Si j’avais ceci, si j’étais cela…si si.. » Ces vies au conditionnel ne portent pas de fruit. « Si j’avais le temps,  si les gens étaient ceci ou cela.. » Tout cela est parfaitement inutile, parce qu’il n’y a qu’une question importante : en ce moment, là où je suis, comme je suis, avec les autres avec qui je vis et avec qui je travaille, dans ma famille, qu’est ce que je peux produire de beau, de bon et de bien. Après les « si », le deuxième ennemi de notre fécondité, c’est « demain ». « Demain, je ferai ci, demain je ferai ça, j’attends demain, on verra demain, à demain ». Un mot complètement étranger à l’évangile : l’évangile où ne trouvent que des expressions comme « aussitôt , ils laissèrent leur filet et le suivirent ».Il s’agit des apôtres qui entendent l’appel de Jésus. Ou encore « Marie se mit en route et se rendit en hâte vers sa cousine Elisabeth »

 

 

 

 

 

 

 


Visite de Marie à sa cousine Elisabeth, durant laquelle elle proclame le Magnificat (peinture italienne, 1491)

Notre vie sera porteuse de fruits dans la mesure où l’urgence et la nécessité de porter du fruit bousculera nos atermoiements : indécision, mollesse. Un jour on veut, un jour on ne veut pas. : idée naïve indéracinable que « demain » sera plus favorable que maintenant, qu’aujourd’hui.  Demain ne nous appartient pas. En conclusion nous pouvons dire ceci : disciple de Jésus nous sommes rattachés à lui comme les branches à un arbre. Si nous nous séparons de  lui, nous nous allons nous dessécher, parce que la sève ne passera plus. La sève, c’est quoi c’est la grâce, c’est l’amour. C’est vrai qu’il y a beaucoup de souffrances, mais l’heure n’est pas au découragement,  à la déprime. Nous voyons des gens qui changent de vie, qui sont témoins de l’amour du Christ auprès des pauvres, des personnes nombreuses qui répondent à l’appel de l’Eglise, qui collaborent, qui donnent de leur temps. Tout cela nous remplit de joie. Elle est belle la Vigne du Seigneur !

Magnificat

 Cantique d'action de grâces de la Vierge Marie :

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Il s'est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !

Son amour s'étend d'âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

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Publié dans lemoule

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