4° Dimanche de Pâques. B
4° Dimanche de Pâques. B Frères et sœurs, « Je suis le Bon Pasteur, le vrai berger, dit Jésus ». Il ressort de ce passage d’Evangile, que la figure du Christ Berger est à l’opposé de toute forme de pouvoir humain. Bien mieux en effet que le qualificatif de roi, le titre de berger permettait au Christ de faire percevoir à ses auditeurs, et à nous-mêmes aujourd’hui, son dévouement, sa sollicitude pour l’humanité. Je disais que la figure du Christ est à l’opposé de toute forme de pouvoir humain, et c’est vrai car le pouvoir humain en effet peut être dominateur, oppresseur, écrasant, tyrannique. Il peut faire mal. Il peut exploiter les autres, les tondre véritablement comme on tond les moutons pour des intérêts égoïstes. Jésus est tout autre. En lui, c’est Dieu qui nous rejoint dans la simplicité du berger, dans l’humilité du berger (comme le prophète Ezechiel l’avait lui-même annoncé). 
le très bel Autel du Moule le dimanche de Paques

La merveilleuse Chorale du Moule
Le pouvoir ne connaît pas tout le monde. Il a l’habitude de s’exercer envers des personnes anonymes. Jésus est tout autre. Il connaît les siens, et les siens le connaissent. « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » Cette connaissance n’est ni théorique, ni intellectuelle. Elle est communion d’amour et de vie. Aussi (comme je le disais récemment) Le pouvoir enfin peut être arbitraire et s’exercer envers les personnes comme des numéros, des numéros d’immatriculation. Pour Jésus au contraire, chaque croyant est une brebis unique, qui est appelée par son nom. L’Eglise n’est pas une masse, comme disent les marxistes, mais une famille, où chacun est reconnu dans sa dignité de fils et de filles de Dieu. Toute cette parabole n’a d’autre but que nous expliquer la relation tout à fait particulière de Jésus à son Eglise. L’Eglise de Jésus n’est pas un enclos fermé sur lui-même, une structure administrative, mais davantage une Présence. C’est vrai que ce sont des personnes humaines qui signifient cette présence. Mais c’est lui Jésus qui fait l’unité de sa bergerie. Je veux dire que l’unité de l’Eglise n’est pas une unité de façade, quelque chose de superficiel, mais une unité qui relève de la grâce de Jésus-Christ. Cette unité est en effet plus profonde que ce que nos yeux voient. « J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie, et celles-là, il faut que je les mène.. ». Le désir de Jésus c’est d’entrer en communion avec toutes ses brebis pour lesquelles il a donné sa vie. Son amour de Pasteur s’étend à tous les hommes, sans distinction de race ou de nation. Partout il sait qu’il a des brebis prêtes à écouter sa voix et à le suivre. Il veut les mener toutes à C’est aujourd’hui, vous le savez, la journée traditionnelle de prières pour les vocations. Jésus a voulu avoir besoin des hommes pour continuer son œuvre. Personne ne le remplace. Il est le berger. Mais il a voulu avoir besoin de nos mains d’hommes, de nos pieds, de notre cœur, de nos lèvres pour parler, communiquer, donner, aimer. En priant pour les vocations, l’Eglise ne prie pas de façon désespérée, bien que la question des vocations soit devenue une affaire cruciale. Il y a un grand besoin de prêtres. Certains fidèles n’ont pas du tout l’air de s’en rendre compte dans la mesure où ils ont été habitués à être de simples consommateurs. Et consommateur à la carte ! Chacun veut avoir sa petite messe, son petit mariage, sa petite cérémonie personnelle. Et ce n’est plus possible ! D’autres (et c’est le plus grand nombre, je crois) ont compris que l’appel de Dieu est un appel lancé à tous les baptisés pour devenir des ouvriers de la moisson. Il faut rendre grâce à Dieu pour les catéchistes, les animateurs de mouvement de jeunes, d’adultes, de préparation au mariage et au baptême, pour les visiteuses de malades ou de prison, il y a des gens admirables et remplis d’esprit apostolique dans les TKL, dans le secours catholique, et les autres services paroissiaux. Cependant il y aura toujours dans l’Eglise un ministère ordonné, celui du diacre et du Prêtre. Dieu ne cesse d’appeler. Mais le problème n’est pas que Dieu appelle ou n’appelle pas, le problème c’est qu’on n’entend pas. Et pourquoi on n’entend pas. ? Voilà la bonne question. Le Pape demande aux évêques, aux prêtres, aux catéchistes, aux père et mère de famille, aux communautés paroissiales de rendre « possible » cette écoute, de prendre le relai, i.e. d’amplifier la voix de Dieu. Là où il n’y a pas un climat de ferveur, et de générosité, là où il n’y a pas le souci des autres, un partage de responsabilité, il ne peut pas y germer des vocations. Comme toute semence, l’appel de Dieu a besoin d’une bonne terre, et d’un bon climat pour donner du fruit. La crise des vocations n’est pas propre à l’Eglise catholique. Les Eglises réformées, les orthodoxes, les anglicans connaissent également cette crise. L’ancien archevêque de Paris, le cardinal Marty, un jour dans la cathédrale de Paris, disait à des jeunes rassemblés ! « Chers jeunes ! J’ai besoin de vous ! J’embauche ! » Quelques jours plus tard un jeune homme est venu le trouver pour lui dire : « J’ai entendu votre appel, je voudrais savoir un peu plus.. » Je ne sais pas ce qui s’est passé après. Mais ce qui me semble important c’est que quelqu’un s’est senti concerné par cet appel. Il ne suffit pas de prier, il faut encore porter ensemble ce souci de la relève.