13 mai. Fête de N.D. de Fatima

Publié le par Yves GILLOT

Fête de Fatima. 2006.

Frères et sœurs,

Le Pape Benoît XVI, vous le savez, a publié une encyclique (i.e. une lettre circulaire) envoyée à tous les catholiques du monde sur le thème « Dieu est Amour ».C’est pourquoi, nous avons voulu que cette fête de ce 13 mai 2006,  en l’honneur de Notre Dame de Fatima, soit placée dans cette lumière de cette encyclique. Le Pape commence sa lettre en disant : « l’amour de Dieu pour nous est une question fondamentale pour la vie et pose des interrogations décisives sur qui est Dieu et sur qui nous sommes. »

 

 

Fondamental et vitale l’amour l’est en effet pour nous. Et faute de ne l’avoir pas compris nous risquons de périr et de nous dessécher comme la plante qui n’a plus d’eau, plus de soleil. « Dieu est amour », c’est une parole que nous avons apprise au catéchisme et que nous connaissons par cœur. Certains pourraient même dire : ce n’est pas une originalité, ou quelque chose de nouveau qui nous surprend. En réalité, le Pape nous ramène à l’essentiel de notre foi, à la source de notre Foi. Quand j’étais jeune enfant, j’entendais chanter : «  c’est facile d’aimer !c’est facile d’aimer ! » Et il y a quelques années en arrière, on a fait un film  aussi, rappelez-vous : « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » comme si la vie était  un concert de sérénité et de bonheur. Mais deux guerres meurtrières (14-18, 39-45),(je ne parle même pas des plus anciennes de l’histoire), les guerres récentes du Golfe et de l’Irak, les guerres en Afrique et en Amérique latine qui n’en finissent pas encore aujourd’hui de tuer, de détruire, la montée de la violence, du racisme, de l’intégrisme, l’égoïsme des nations pourvues des matières premières (telles que le pétrole) et qui ne font rien pour des populations misérables, tout cela et bien d’autres choses encore nous disent clairement : Non !il n’est pas facile d’aimer !

Et pourquoi aller si loin ? Nous savons nous-mêmes combien les relations sont difficiles dans le travail,  dans nos propres familles, dans les couples, dans les quartiers. Non ! Il n’est pas facile d’aimer, même si cela se chante à longueur de journée. C’est la raison pour laquelle, peut-être, Jésus nous a-t- il dit : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » Pourquoi « je vous commande » ? Parce que Jésus connaît mieux que nous notre faiblesse et il sait qu’il n’y a pas d’autre chemin qui conduise à  Dieu. Est-ce que l’amour peut se commander ? L’amour n’est-il pas plutôt un sentiment qui peut être ou ne pas être, et qui ne peut être crée par la volonté. « Si quelqu’un dit : « j’aime Dieu » alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas. » dit st. Jean ch.4 :20… St.  Jean  souligne en effet (et c’est ce qui est important) que le lien entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont absolument inséparables. Et le Pape d’ajouter encore : « amour de Dieu et amour du prochain sont un unique commandement. Tous les deux vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Ainsi il n’est plus question d’un « commandement » qui nous prescrit l’impossible de l’extérieur, mais au contraire d’une expérience de l’amour, donnée de l’intérieur, un amour qui, de par sa nature, doit par la suite être partagé à d’autres ».

Il y a un deuxième mal entendu que le Pape d’ailleurs souligne dans sa lettre. Au nom de l’amour, nous assistons, dit-il,  aujourd’hui à une exaltation du corps. « L’amour est rabaissé purement et simplement au « sexe » et devient une marchandise, une simple chose que l’on peut acheter et vendre ». « En réalité dit le pape nous nous trouvons devant une dégradation du corps humain…. qui se trouve condamné au domaine purement biologique » Et il ajoute : « l’amour est divin parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu.. »

Ce soir, nos regards, nos cœurs, sont tout naturellement tournés vers la Vierge de Fatima. Le Pape  présente la Vierge Marie dans cette encyclique comme la femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement ? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu’être une femme qui aime. Nous le voyons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Evangiles de l’enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus.. Toutes les manifestations de Marie, à Lourdes, à Fatima, à Pontmain (pour ne citer que celles-là) sont porteuses d’un message d’amour, de réconfort, de prières et de pénitence pour les pauvres pécheurs que nous sommes. C’est vers elle que se tournent les hommes de tous les temps et de tous les coins du monde, dans leurs besoins et leurs espérances, dans leurs joies et leurs souffrances. Et ils font sans cesse l’expérience du don de sa bonté, l’expérience de l’amour inépuisable qu’elle déverse du plus profond de son cœur. Marie, la Vierge , la mère, par sa disponibilité, par sa foi et son amour nous montre le chemin qui conduit à Dieu. Que nos prières montent, par son Fils et par elle, vers le Père à qui soient la louange et la gloire pour les siècles des siècles.Amen 

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Publié dans lemoule

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