vendredi saint 2006

Publié le par Yves GILLOT

Vendredi saint 2006

Frères et sœurs,

Quelques mots d’histoires rapidement. Le procès de Jésus est une affaire qui a soulevé tout au long de l’histoire beaucoup de commentaires, beaucoup de polémiques, et récemment encore à propos d’un film. D’abord les historiens contestent le mot « procès ». Ce n’était pas un procès mais une parodie de procès : ce qui est une surprise parce que les romains étaient assez rigoureux dans leur procédure judiciaire. Il est vrai aussi que la Palestine était un pays occupé, colonisé, et que les occupants pouvaient faire ce qu’ils voulaient, y compris transgresser leurs propres lois. C’est donc une affaire qui a été expédiée. Cela s’est passé rapidement dans la nuit, le sanhédrin n’était pas au complet. Quelques membres se sont réunis avec les grands prêtres. Bref tout ça a été expédé. Ponce Pilate était gouverneur de Judée, un gouverneur sanguinaire. Il habitait à Césarée, mais c’est à cause de l’affaire « Jésus » qu’il est monté à Jérusalem. Les historiens, Tite-Live en particulier, en parlent comme une affaire historique, mais marginale. Je dis bien « historique » parce que un certain monsieur(sans doute athée),  pour bien montrer que ce n’est pas une histoire réelle, mais inventée disait : « Je veux bien croire à ce que vous dites, à condition que vous enleviez  de votre credo « sous Ponce Pilate », i.e. ni plus ni moins enlever la racine, la référence historique de cette affaire.

On dit par ailleurs que les évangélistes parlent de Ponce Pilate moins sévèrement que les historiens de l’époque. Peut-être ! Voilà pour l’histoire.

Maintenant qu’est-ce qu’on reprochait à Jésus ? Sa prédication qui était une attaque du pouvoir des grands prêtres dont il contestait la pratique, et surtout le fait qu’il disait être le Fils de Dieu. Ce qui était pour eux proprement un blasphème. Attaque aussi du pouvoir politique qui avait peur d’être déstabilisé par la par la prédication de cet homme, parce que Jésus disait qu’il était roi. Pilate a donc accepté de condamner Jésus à cette mort infâme, pour plaire aux autorités religieuses afin qu’en retour ces autorités religieuses ne contestent pas son pouvoir colonial.

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, vous connaîtrez que JE SUIS, dit Jésus » Il veut dire que sa fixation sur la croix sera en réalité une élévation en gloire.  C’est pourquoi la croix n’est pas le signe d’une défaite, mais le signe d’un amour extrême. Alors que la sentence de Pilate avait été exécutée, que tout le monde croyait que « l’affaire Jésus », c’était terminé, c’est à ce moment-là que la Victoire du Christ devenait éclatante. Quel fantastique retournement ! La croix instrument de mort devient bois de Vie. « Par elle nous sommes guéris, arrachés au pouvoir du mal et de la mort, comme l’écrit l’Apôtre Paul ». Dans les épreuves qui nous écrasent, il nous est difficile  de croire :   regardons alors simplement vers la croix du Christ.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». L’amour de Dieu est ainsi rendu visible par ce bois de la croix. En mourant comme un criminel, trahi par ses amis, vendu pour quelques pièces d’argent, Jésus a pris la dernière place dans le cortège des mourants.

« Père, pardonne-leur,  ils ne savent pas ce qu’ils font ! » C’est de nous tous ici pécheurs dont il est question, pécheurs pardonnés et aimés de Dieu. Jésus témoigne ainsi que personne n’est exclu de la miséricorde divine. Tout homme pécheur, si grand pécheur qu’il soit aussi bas qu’il soit tombé, peut être relevé par le pardon et retrouvé sa dignité de fils et de fille de Dieu. Christ, les deux bras ouverts, nous attend.C’est ainsi que la Croix est glorieuse et qu’elle nous apporte l’espérance. Amen

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Publié dans lemoule

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