jeudi saint 2006
Jeudi Saint.
Frères et sœurs, Le récit du lavement des pieds et de l’Eucharistie que la liturgie nous fait lire en ce Jeudi saint sont l’expression du don total que Jésus fait de sa vie pour le monde. Les deux signes, lavement des pieds et Eucharistie sont les testaments de Jésus. Le service et l’Eucharistie sont liés comme les deux pages du même testament : « Aimez-vous les autres comme je vous ai aimés. » Nous sommes pleins d’admiration pour ce que fait Jésus : que le Maître se mette à genoux aux pieds de ses disciples, pour leur laver les pieds voilà qui bouscule copieusement l’ordre établi et l’on se prend à rêver que les puissants de ce monde en fassent autant. Là où les choses se compliquent, c’est lorsque Jésus dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Il n’y a plus d’échappatoire possible ! Aimer, servir, respecter chacun de nos frères, quelle exigence pour notre vie quotidienne ! Jésus a donc choisi ce geste familier et ordinaire, pour nous rappeler que l’amour fraternel s’inscrit dans les gestes de tous les jours. La vie de famille est un lieu de multiples services qui passent souvent inaperçus. Les gestes des soignants sur les corps meurtris, l’aide apportée aux pauvres par les membres d’associations caritatives, l’écoute patiente, le temps donné aux humiliés de la vie, sont autant de « lavement de pieds » où s’exprime l’amour pour le Seigneur et pour ses membres souffrants. Mettre fin à toute forme de domination sur l’autre, renoncer au pouvoir et parfois en jouant du coude pour arriver coûte que coûte au mépris des autres, accepter de ne pas toujours avoir raison, reconnaître chacun dans sa dignité et sa revendication de dignité, ce sont aussi des conséquences de cet amour dont le Christ nous a donné l’exemple. Dans notre société où la concurrence est si forte et où chacun doit se battre pour réussir, l’évangile nous redit l’effort que nous avions à faire durant le carême « Faisons attention aux autres ! » Il est aussi nécessaire aujourd’hui en ce jeudi saint que nous vérifions notre manière de communier. Communier, recevoir le Corps du Christ dans nos mains ou sur les lèvres, cela requiert de la dignité. D’abord la tenue vestimentaire doit être digne et respectueux de celui qui se donne à nous. Lorsque les gens ne respectent pas leur corps, ils ne respectent pas non plus les autres personnes qui se rassemblent avec eux. Ensuite quand tu tends les deux mains, c’est comme le pauvre qui demande humblement. Cette pratique est ancienne dans l’Eglise. Il faut aussi vérifier si ce que tu fais est bien. On ne peut pas recevoir l’Eucharistie si on est en concubinage, divorcé remarié, ou marié civilement, mais on n’est pas rejeté par l’Eglise. Au contraire, on est pécheur, dans l’Eglise. Recevoir l’Eucharistie est un don, un acte de foi, ce n’est pas un droit que l’on revendique. Quand tu entends « le Corps du Christ », tu réponds « Amen », St Augustin commente : « Tu entends simplement le Corps du Christ », mais tu dois sous-entendre : « Mange le corps du Christ et deviens le Corps du Christ. », i.e. l’Eglise. Il est grand le mystère de
Jeudi saint, c’est aussi la fête du sacerdoce. Quand Jésus a institué l’Eucharistie, il a confié à des hommes, ses apôtres le pouvoir de refaire ce qu’il a fait : « Faites cela en mémoire de Moi. » Aujourd’hui, comme le dit l’Eglise « nous refaisons ce que tu nous as dit de faire ». Amen