dimanche des rameaux

Dimanche des rameaux. Frères et soeurs, Il faut se méfier de la foule. Il suffit d’un meneur habile pour manipuler la foule dans n’importe quel sens, le meilleur et le pire. Il y a eu le meilleur pour Jésus, lors de son entrée à Jérusalem. Et il y a eu le pire, quand la foule a hurlé « crucifie-le ! » La foule qui l’avait acclamé, ce fut la même qui a réclamé sa mort ! Cloué sur la croix, Jésus criera d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».Ce n’est pas que Dieu avait abandonné son Fils. C’est le début d’un psaume qui exprime la solitude de quelqu’un dans la souffrance et la mort. Car on souffre seul, on meurt seul. On a déjà expérimenté le fait ( et vous-même sans doute) que des personnes au bord de la mort souvent tiennent fortement la main de ceux qui se trouvent autour d’elles, tant elles ressentent cette solitude. Alors, oui, Jésus a prié ce psaume. Son cri n’a donc pas pu être un cri de désespoir, mais un cri de prière dans la solitude. Mais c’est ce que les évangélistes ont retenu. Et les soldats romains qui ne connaissent pas les psaumes ont compris que Jésus appelait les prophètes Elie à son secours. Du fait que Jésus a connu cette solitude dans la souffrance et dans la mort, nous pouvons dire que désormais plus personne ne souffre seul, plus personne ne meurt seul, car il s’est solidarisé avec chacun de nous parce qu’il est notre frère en humanité. C’est st. Paul qui dit que le Fils de Dieu a été « en tout semblable à ses frères, hormis le péché ». Il est venu réellement habiter le tout de l’humain. Il fallait donc que Jésus aille jusqu’au bout du chemin réel des hommes : jusque dans la mort physique, mais d’abord jusque dans la nuit intérieure, dans la solitude de la mort, là où tant d’êtres humains s’enfoncent. Quand nous sommes témoins de tant de misères, de tant de malheurs, de tant de souffrances, et de tant de menaces aussi qui pèsent sur chacun de nous ; quand les journaux ou la télévision nous décrivent ou nous font voir le visage de tant de petits innocents malades, défigurés ou victimes de la cruauté des hommes, nous disons : « Mon Dieu, où es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi ce silence. ? De quel côté es-tu, du côté de ceux qui souffrent ou du côté de ceux qui font souffrir ? Du côté de ceux qui meurent, ou de ceux qui font mourir ? » Dieu se tait ! Mais silence ne signifie pas absence. « Nous croyons dans la foi que tu es présent même et jusques et y compris dans la souffrance et la mort C’est pourquoi chacun de nous, nous voulons aller vers, Toi, Jésus, avec nos plus profondes obscurités : tu es capable de venir y déposer ta présence, pour que ce soit la vie, et non la mort, qui l’emporte définitivement. Amen