Dimanche de Pâques 2006

Publié le par Yves GILLOT

Dimanche de Pâques 2006

Frères et sœurs,

S’il est un jour où « rien n’est plus comme avant » selon une expression que nous employons parfois dans notre langage courant, c’est bien ce lendemain du sabbat. C’est un fait établi, que tous les évangélistes nous rapportent : au matin de Pâques, le tombeau de Jésus est vide. Qu’en conclure ? « On a enlevé le Seigneur ? » pensera d’abord Marie Madeleine, et tant d’autres après elle. Mais, dans ce cas, on aurait emporté le corps avec le suaire et les bandelettes qui l’enveloppaient. Or ceux-ci sont soigneusement rangés, ce qui exclut tout enlèvement précipité. Pierre en reste intrigué. Jean est le premier à croire. Pour lui Jean le tombeau vide garantit l’accomplissement des paroles de Jésus.

« Il vit et il crut ».  Il s’agit de Jean, le disciple que Jésus aimait. Il n’a rien vu d’autre que ce que voyait Simon Pierre : « un tombeau vide, avec le linceul resté là et le linge qui avait recouvert la tête. » Mais d’emblée, seul Jean croit. Pourquoi donc cette différence dans l’attitude des deux disciples ? L’amour de Pierre pour Jésus était grand, mais après son triple reniement, peut-être avait-il besoin d’être affermi, purifié, pardonné. Jean lui, le seul parmi les apôtres était resté jusqu’au bout. D’emblée, il a compris qu’il ne s’agissait pas d’un enlèvement mais de quelque chose plus mystérieux.

Depuis cet événement que les évangiles relatent, beaucoup d’hommes n’ont pas accordé foi au témoignage des Apôtres. Aujourd’hui encore, beaucoup n’en finissent pas de discuter, ou de mettre en doute la Résurrection , parce que comme le diront les disciples d’Eammaüs, « lui ils ne l’ont pas vu. » En réalité, ce qui nous manque ce n’est pas tellement la foi, mais l’amour : l’amour qui nous fait voir au-delà des apparences. Car la foi ne se gagne pas par accumulation de preuves, elle grandit dans le cœur à cœur, elle est relation d’amour.

Premier jour de la semaine, premier dimanche, premier jour de l’Eglise dont la mission commence : elle durera tant que dureront les jours, jusqu’au retour du Seigneur dans la gloire. Premier jour de la semaine, le dimanche, jour du Seigneur où  il nous rassemble pour nous partager sa Parole et son Pain : c’est le sens du dimanche qui nous ouvre ainsi notre semaine en nous donnant le forces spirituelles dont nous avons besoin  pour vivre pleinement notre mission de chrétiens. Notre mission de chrétiens, c’est de partager la Bonne nouvelle que nous avons  entendue. Une Bonne nouvelle on ne la garde pas pour soi. Voilà pourquoi le dimanche donne sens à toute notre semaine, il lui communique comme une impulsion et, à bien y réfléchir, nous n’avons pas trop de toute la semaine pour mettre en application ce que nous avons reçu.  Des gens disent parfois : « Moi je ne manque jamais ma messe le dimanche (ou le samedi soir) », je les comprends et je me réjouis avec eux. Plus que l’habitude acquise, il y a en effet de la joie à rencontrer le Christ avec les autres frères, il y a de la joie à partager le repas du Seigneur ce jour précisément où il nous donne rendez-vous. C’est un jour nouveau qui est commencé : Christ  ressuscité vient raviver en chacun  de nous l’espérance de la vie éternelle. Amen. Alleluia ! 

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Publié dans lemoule

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