4° Dimanche de carême. B
4° Dimanche de carême. B Frères et sœurs, « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Nous sommes tellement habitués à entendre ces paroles de l’Evangile que cela ne nous fait plus rien, cela ne nous étonne plus. Et pourtant au cœur de ce message, il y a un formidable mystère qui est l’objet même de L’amour de Dieu est passion (dans le sens même de folie). Et je n’ai pas inventé le mot, puisque St. Paul lui-même le disait dans le passage de sa lettre aux Corinthiens, que nous avons entendue dimanche dernier : « Nous prêchons un messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. » Cet amour, folie, au cœur de Dieu a été à l’origine même de la création. Dieu a crée le monde, l’univers tout entier, et l’homme lui-même par amour. Réfléchissons : Dieu avait-il besoin des créatures pour être heureux ? Non !.. Or il nous appelés du néant pour nous faire partager son bonheur à Lui. Ce n’est pas le hasard et la nécessité, nous le croyons, ce n’est pas cela qui est à l’origine du monde et de l’homme, mais bien l’amour. Ici on butte sur le problème de la création, comment cela s’est passé, est-ce que Dieu a pris de la terre, comme le dit le livre de Il y avait, me semble-t-il, deux hypothèses : ou bien ne rien créer du tout, ne rien faire du tout, par crainte de voir le mal faire son apparition, à cause de la faiblesse de l’homme. Ne rien faire du tout, ce serait pour Dieu avoir peur, s’avouer vaincu par la peur du mal. Vous voyez un Dieu qui aurait peur ? qui serait vaincu par la peur ? Ou bien alors créer l’homme libre avec tout ce que cela comporte comme risques. Et bien Dieu a choisi le risque. Et en choisissant le risque, Dieu manifeste que son amour est plus fort que le mal, plus fort que le péché de l’homme. L’amour infini, l’amour passionné, c’est cela qui a été à l’origine du projet de Dieu : rassembler les hommes autour de Lui. Un rassemblement qui commence, dans la nuit des temps, depuis ce jour où il décide d’appeler Abraham pour en faire le père d’une multitude de croyants comme lui. Israël nous livre précisément dans ces archives (que nous appelons Mais l’amour de Dieu est aussi passion au sens de souffrance. Car Dieu a aimé jusqu’à souffrir et mourir sur une croix. Cela aussi est un mystère. Christ n’est pas mort d’accident, ni dans un lit. Il est mort de mort violente, supplicié, fixé sur une croix. Or le peuple hébreu gardait dans sa mémoire l’image du serpent d’airain élevé en l’air et fixé sur un poteau, grâce auquel il fut délivré d’un terrible fléau qui avait failli provoquer la mort de tout le peuple. Jésus sera lui aussi élevé, et les hommes sont invités à lever les yeux vers lui pour être guéris. Ce n’était pas par faiblesse, par impuissance que Jésus mourait sur la croix. Non ! au contraire ! C’est la puissance de l’amour qui l’a conduit jusque là. Tandis que certains y voient un échec, la lumière de la foi nous donne d’y voir la force de l’amour de Dieu. Faute d’être situé dans cette lumière-là, on risque de mal comprendre le don de Dieu au monde, car « Dieu a donné son Fils non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé. » Il y a un jugement qui se fait dans le monde, dit st. Jean. Il consiste dans le fait que, en face de la révélation qui nous est donnée, nous pouvons fermer les yeux et boucher nos oreilles, ou alors accepter de voir plus clair à la lumière de la foi. Nous pouvons accepter ou refuser ou nous détourner. C’est nous qui jugeons. Nous qui croyons en Jésus, 