3° conférence

3° Conférence. (suite et fin)
30. Les nombreuses structures de service caritatif dans le contexte actuel.
« Les moyens de communication de masse, souligne le Pape, ont rendu désormais notre planète plus petite, rapprochant hommes et cultures profondément différents. Si ce « vivre ensemble » suscite parfois incompréhensions et tensions, cependant, le fait d’avoir maintenant connaissance de manière beaucoup plus immédiate des besoins des hommes représente surtout un appel à partager leur situation et leurs difficultés ». Grâce à la télévision par ex. nous avons été mis rapidement au courant du tsunami qui a dévasté le sud-est asiatique. En un instant tout le monde s’est senti concerné.
Le Concile Vatican II a noté avec justesse : « Parmi les signes de notre temps, il convient de relever spécialement le sens croissant et inéluctable de la solidarité de tous les peuples. »
« Dans cette situation, à travers les instances étatiques et ecclésiales, sont nées et se sont développées de nombreuses formes de collaboration, qui se sont révélées fructueuses. Se sont formés aussi de multiples organisations à but caritatif ou philanthropique qui, face aux problèmes sociaux et politiques existants, s’engagent pour parvenir à des solutions satisfaisantes dans le domaine humanitaire. (Nous avons à l’esprit le Téléthon qui mobilise tant et tant de bénévoles). Ce phénomène important de notre temps est en effet l’apparition et l’expansion de diverses formes de bénévolat, qui prennent en charge une multiplicité de services. « Je voudrais ici, dit Benoît XVI, adresser une parole de reconnaissance et de remerciement à tous ceux qui participent, d’une manière ou d’une autre, à de telles activités. Le développement d’un pareil engagement représente pour les jeunes une école de vie qui éduque à la solidarité, à la disponibilité, en vue de donner non pas simplement quelque chose, mais de se donner soi-même. A l’anti-culture de la mort, qui s’exprime par exemple dans la drogue, s’oppose ainsi l’amour qui ne se recherche pas lui-même, mais qui…… se révèle comme culture de vie »
31. Le profil spécifique de l’activité caritative de l’Eglise.
« Selon le modèle donné par la parabole du bon Samaritain, la charité chrétienne est avant tout simplement la réponse à ce qui, dans une situation déterminée, constitue la nécessité immédiate (donner à manger, soigner, vêtir etc.) Les organisations caritatives de l’Eglise, à commencer par
« De plus la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme. On ne fait pas la charité pour acquérir des partisans, pour demander aux gens d’être catholiques. L’amour est gratuit. Il n’est pas utilisé pour parvenir à d’autres fins. Celui qui pratique la charité au nom de l’Eglise ne cherchera jamais à imposer aux autres la foi de l’Eglise. Cela s’est passé dans les temps anciens au sein même de l’Eglise. « Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu, et quand il est juste de Le taire, et de ne laisser parler que l’amour. Il sait que Dieu est amour et qu’il se rend présent précisément dans les moments où rien d’autre n’est fait sinon qu’aimer ». (Ex. situation des chrétiens en pays musulman, au Mali. Il est interdit aux prêtres de faire des conversions. Un évêque du Mali, à qui je posais la question « pourquoi restez-vous là-bas), m’a répondu : « Le Seigneur nous a dit d’aller dans toutes les Nations, nous obéissons. » : alors dans le lieu où nous sommes, nous avons des cliniques, des léproseries pour soigner les malades, des écoles de formation, et un lieu de culte pour les étrangers.)
32. Les responsables de l’action caritative de l’Eglise.
Il est désormais apparu que le vrai sujet des différentes Organisations catholiques qui accomplissent un service de charité est l’Eglise elle-même- et ce, à tous les niveaux,- en commençant par les paroisses, en passant par les Eglises particulières, jusqu’à l’Eglise universelle. C’est pourquoi le Pape Paul VI a institué le Conseil Pontifical « Cor unum » comme instance du Saint-Siège responsable de l’orientation et de la coordination entre les organisations et les activités caritatives promues par l’Eglise universelle.
33. « En ce qui concerne les collaborateurs qui accomplissent concrètement le travail de la charité dans l’Eglise : ils ne doivent pas s’inspirer des idéologies de l’amélioration du monde, mais se laisser guider par la foi qui, dans l’amour, devient agissante (cf. Ga5, 6). Ils doivent être avant tout des personnes touchées par l’amour du Christ, des personnes dont le Christ a conquis le cœur par amour, en y réveillant l’amour du prochain. « Caritas Christi urget nos » dit st. Paul dans la 2° Cor.5, 14. L’amour du Christ nous pousse. La conscience qu’en Lui Dieu lui-même s’est donné pour nous jusqu’à la mort doit amener (nous pousser) à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour Lui et avec Lui pour les autres.
34. « L’ouverture et la collaboration avec d’autres organisations pour répondre aux différentes formes de besoin doit se réaliser dans le respect du profil spécifique du service demandé par le Christ à ses disciples. Dans son hymne à la charité 1Cor XIII) st Paul nous enseigne que la charité est toujours plus qu’une activité : « J’aurai beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurai beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne sert à rien ». Cette hymne doit être la charte de l’ensemble du service ecclésial. Cela veut dire que l’action concrète demeure insuffisante, si en elle, l’amour de l’homme n’est pas perceptible ».
35. Cette juste manière de servir rend humble celui qui agit. Il n’assume pas une position de supériorité face à l’autre, même si la situation de ce dernier peut à ce moment-là être misérable. Le fait de pouvoir aider n’est ni un mérite et un titre d’orgueil. Cette tâche est une grâce. Plus une personne œuvre pour les autres, plus elle comprendra et fera sienne
36. « L’expérience de l’immensité des besoins peut, d’un côté, nous pousser vers l’idéologie qui prétend faire ce que Dieu, en gouvernant le monde, n’obtient pas, à ce qu’il semble : la solution universelle de tous les problèmes. D’un autre côté, elle peut devenir une tentation de rester dans l’inertie, s’appuyant sur l’impression que, quoi qu’il en soit, rien ne peut être fait. Dans cette situation le contact vivant avec le Christ est le soutien déterminant pour rester sur la voie droite : par la prière. La prière n’affaiblit pas la lutte contre la pauvreté ou même contre la misère du prochain. La bienheureuse Teresa de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable.
37. Le moment est venu de réaffirmer l’importance de la prière face à l’activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif. Bien sûr, le chrétien qui prie ne prétend pas changer les plans de Dieu ni corriger ce que Dieu a prévu. Une attitude authentiquement religieuse évite que l’homme s’érige en juge de Dieu, l’accusant de permettre la misère sans éprouver de la compassion pour ses créatures. Pour le croyant, il est impossible de penser que Dieu est impuissant ou qu’il dort (1R18, 27) Les chrétiens continuent de croire, malgré toutes les incompréhensions et toutes les confusions du monde qui les entourent, en la « bonté de Dieu et en sa tendresse pour les hommes » (Tt3,4).
39. Foi, espérance et charité vont de pair. L’espérance s’enracine en pratique dans la vertu de patience, qui ne fait pas défaut dans le bien, pas même face à l’échec apparent, et dans celle d’humilité, qui accepte le mystère de Dieu et qui Lui fait confiance même dans l’obscurité. La foi nous montre le Dieu qui a donné son Fils pour nous et suscite ainsi en nous la certitude victorieuse qu’est bien vraie l’affirmation : Dieu est Amour.
Le Pape termine cette encyclique par l’évocation de nombreux saints et notamment de