5°dimanche ordinaire.B

Frères et sœurs, C’est souvent dans l’Evangile de Marc qu’on voit Jésus se retirer dans un lieu désert, (i.e. à l’écart), le matin avant l’aube pour prier. Pourquoi ? par ce que Jésus sait que sans la prière, sans l’intimité avec le Père, le risque est grand de se perdre, de s’enfouir dans ce que les vedettes, les stars recherchent : le succès, la renommée, la popularité, la célébrité. L’enthousiasme de la foule qui voit Jésus faire des miracles est à son comble. Même l’apôtre Pierre et ses amis sont en effervescence. « Tout le monde te cherche » disent-ils à Jésus. « Tout le monde te cherche », parce qu’on veut voir les choses merveilleuses qu’il accomplit. « On lui amenait tous les malades, dit l’Evangile, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d’esprits mauvais, et il les empêchait de parler… » Le départ clandestin de Jésus, dans un endroit désert, montre tout simplement que Jésus ne veut pas se laisser enfermer dans une sorte de publicité, ni se laisser griser par le succès. Il veut garder sa liberté. « Partons ailleurs », dit-il. Partons car Pierre et ses amis n’avaient pas compris cela tout de suite, si bien qu’un jour, quand Jésus leur avait annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection, Pierre a pris la parole : « Cela ne t’arrivera pas, j’espère ! ». « Passe derrière moi Satan rétorqua aussitôt Jésus. Tes pensées ne son pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». Jésus sentait bien que c’est Satan qui inspirait à Pierre de le détourner de sa mission. On entend dire parfois que l’attitude de Jésus est surprenante et décevante. Quand tout marche bien, que le tout le monde le cherche, et que le succès est au bout, il s’enfuit dans un lieu désert pour prier. Non ! Jésus n’est pas décevant, il est déroutant. Cela veut dire que c’est sur une autre route qu’il nous attend : la route du sacrifice, et du don de soi jusqu’à la croix. C’est vrai : Dieu est déroutant. « Mes chemins ne sont pas vos chemins. Mes pensées ne sont pas vos pensées », dit le Seigneur. Déjà à la crèche quand les mages pensaient trouver le roi des Juifs qui vient de naître dans un magnifique palais et un beau berceau, c’est dans une étable et dans une mangeoire d’animaux qu’ils l’ont découvert comme un pauvre. Jésus déclare qu’il est venu pour proclamer Est-ce que nous gardons nous aussi cette même liberté à l’égard de l’opinion publique, de nos groupes politiques et sociaux, à l’égard de nos amis et même de notre famille, quand il faut s’opposer à eux au nom de l’Evangile : par ex. refuser leurs préjugés racistes, rester honnête dans l’exposé des faits, ne pas salir un adversaire, ou le pauvre immigré qui est en situation irrégulière, privilégier le respect de l’ouvrier et non le rendement, refuser la vengeance en rendant le mal pour le mal, etc. Parfois c’est difficile, en tant que chrétien, quand il faut aller à contre-courant des jugements, des manières d’agir et des comportements de ceux qui nous sont proches. C’est sur ! Mais qui a dit qu’être chrétien, c’était facile ? Marchons dans la foi avec courage, mais sachons aussi comme Jésus nous arrêter pour prier.Amen