4° Dimanche ordinaire B
« J’aimerais vous voir libres de tout souci. ». C’est St. Paul qui parle ainsi dans la 2°lecture. Jésus aussi également disait aux Juifs : « Si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres ». Jn8 :32. Ce mot de « liberté » non seulement est revendiqué par tous, mais il est encore très à la mode aujourd’hui et mis à toutes les sauces. Les jeunes la revendiquent en disant : « Je suis libre, je peux faire ce que je veux. », les citoyens aussi disent la même chose. Pour tous le mot est truffé de pièges qui montrent davantage une volonté de faire ce que je veux que le véritable choix de la liberté. Dans un H.L.M à Pointe-à-Pitre, quelqu’un avait ouvert sa radio ou sa télé à tue-tête, et la musique empoisonnait tout le voisinage, au point que des gens, habitant le quartier, sont venus lui dire de baisser la tonalité de son poste : « Réponse: je suis chez moi. Je suis libre. Je fais ce que je veux. » Certes, Dieu nous a crées comme des personnes libres, capables de juger, capables de décider. Les premières pages de C’est ça qui est intolérable à l’homme, c’est cette restriction, cette interdiction qui lui donne l’impression d’être limité dans son pouvoir de juger, et de décider. Ce sentiment d’être dominé, ou d’être dans un carcan, d’être esclave l’a conduit à la révolte. Et c’est ce qui s’est passé. Il s’est révolté. Sous la forme d’un refus, d’une désobéissance à Dieu, l’homme est tombé dans une cascade de servitudes, de cassures, de ruptures.. D’abord, il a eu peur de Dieu : il se cache parce qu’il a péché. Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu et je me suis caché. » Gen.3 :9. Il a peur de Dieu qui était son ami. L’homme se casse en deux : « St. Paul ressent cette cassure en lui quand il dit : « Je sens comme deux hommes en moi. Le bien que je voudrais faire, je ne le fais pas, et le mal que je ne voudrais pas faire, je le fais. » Cassure encore avec la création d’où l’homme doit tirer sa nourriture à la sueur de son front. Il doit travailler durement. Le travail en lui-même n’est pas un mal, c’est une conséquence du péché, car C’est de cela dont il faut prendre conscience, tous nous sommes libres, mais tous nous ne sommes pas libérés, dans la mesure où nous sommes encore prisonniers du mal qui nous retient. Jésus précisément dans les récits évangéliques et surtout par ses nombreux miracle, notamment, les expulsions des démons, montrent qu’il est venu nous libérer des forces du mal, personnifiées et représentées par un esprit mauvais. Pour parler le langage de notre temps, nous pouvons considérer ces esprits mauvais comme représentant les multiples formes du mal dont l’humanité se rend responsable. Nous ne pouvons pas en sortir seul. Nous avons besoin de lui. C’est pourquoi dans la prière du « Notre Père », nous demandons « délivrons-nous du Mal » Les gens, dit l’Evangile, sont surpris, étonnés . Tous se posent des questions à son sujet. « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. » Je vous disais dimanche dernier de quelle manière il fallait entendre aujourd’hui la parole de Jonas et de Jésus « convertissez-vous ». De la même manière il faut se demander comment aujourd’hui chacun de nous peut aider les autres à sortir la tête de ce qui les écrase ou les plonge dans le désespoir. Il y a par ex. toutes sortes de personnes autour de nous qui sont en difficulté : je pense à ces gens qui ont peur des sortilèges (les sorciers, les quimboiseurs), d’autres qui sont angoissés, ou prisonniers des souvenirs d’un passé dont il n’arrive pas à se défaire. Le miracle, ce n’est pas de les guérir, mais de ne pas rester indifférent. Un jour, une personne qui travaillait avec ses collègues dans un bureau, arrive un matin avec des lunettes de soleil. Jamais elle ne portait des lunettes de soleil. Aucun de ses collègues pourtant n’avait fait attention à cela. Elle avait tout simplement pleuré. Et pour cacher ses yeux, elle avait abrité son visage derrière ces lunettes. La souffrance peut-être à côté de nous, et peut-être nous ne la voyons pas.
Frères et sœurs,