Notre Dame de Fatima 13mai 2007

Cette photo a été prise à Vichy le 13 mai 2007 dans une église qui est sans doute la toute première à avoir été construite en béton armé. La très belle statue de Marie démontre qu'à l'évidence cette communauté pratique encore le courronnement de la vierge avec ce chant si prenant :
Vierge reçoit cette couronne...
Toutes mes pensées allaient alors vers le Révérend Père Gillot et ses homélies si indispensables à entendre ou à lire... Un peu plus tard dans ma chambre d'Hôtel, et grace à Internet j'ai lu ce texte tout en écoutant la terrible nouvelle annonçant la démolition prochaine de centaines d'église des villages de France incapables de les entretenir.
Crise de vocation !
Notre Dame de Fatima. 13 mai 2007
Frères et sœurs, Nous célébrons cette fête de Notre Dame de Fatima, au cours de l’année vocationnelle, i.e. au cours de cette année 2007 où le diocèse de Guadeloupe a voulu attirer l’attention des fidèles sur la crise des vocations. Jésus nous a laissé en effet ce message que vous connaissez : « La moisson est abondante. Priez le Maître de la moisson, afin d’envoyer des ouvriers à sa moisson »
Humainement parlant, nous pouvons diagnostiquer quelques causes de cette crise. D’abord nous vivons dans un monde, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a changé, et beaucoup changé. Nous ne sommes plus dans une société qui faisait référence à la religion, où la famille était aussi le lieu de référence absolu des enfants qui y étaient nés. Qui par ex. avait autrefois la parole? Les parents, l’instituteur et le prêtre. Aujourd’hui ce ne sont plus eux qui parlent seulement. Les médias, i.e. la télévision, le journal, la publicité, le portable leur coupent la parole. Ce qui veut dire que vous, parents, vous n’êtes plus les seuls éducateurs de vos enfants. Vous ne leur transmettez plus l’éducation, ni les traditions de vos ancêtres. Parce que vous n’avez plus seuls la parole. Est-ce qu’il faut regretter cela ? Je n’en sais rien. Ce qu’il faut regretter cependant, c’est votre autorité même de parents qui est contestée et qui ne trouve plus sa vraie place.
Il y a un autre événement qui a marqué ces 30 dernières années, c’est cette sorte de révolution (que j’appellerai culturelle) qui a miné les bases de l’autorité, et qui s’est exprimée en Métropole en Mai 68. « Il est interdit d’interdire ! » proclamaient les jeunes révolutionnaires. Ces paroles exprimées par ces jeunes révolutionnaires de l’époque arrivèrent jusque dans les familles, dans les prétoires, dans les écoles, et dans l’Eglise. Désormais, aucune autorité, fut-elle civile, parentale ou religieuse n’a plus le monopole de gouverner ou de dire le droit. C’est dans la rue, voire dans les grèves, qu’on va s’exprimer et dire son désaccord. Cette même époque a vu surgir aussi, et dans la droite ligne de cette révolution culturelle, ce qu’on a appelé « la révolution sexuelle ». Après mai 68, il n’y a plus de tabou sexuel. Il n’y a plus de tabou entre homme et femme : la différenciation des sexes est abolie. Parfois aujourd’hui on arrive même à se demander, en voyant l’accoutrement d’un jeune, s’il s’agit d’un garçon ou s’il s’agit d’une fille ? On ne sait pas. La différence est gommée. Tout est permis. Et ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à aller voir ailleurs. Il y a aussi quelque chose qui caractérise les jeunes aujourd’hui et qu’on appelle le « mimétisme ». Le mimétisme, c’est l’acte d’imiter ou de copier quelqu’un : on copie ses gestes, ses paroles. Si on ne reproduit pas ses gestes, sa façon de s’habiller, sa façon de parler, ou de porter des cheveux longs et de les natter, on n’est pas dans le vent, on n’est pas dans la modernité, on est ringard. Porter les mêmes tee-shirts de marque, les mêmes survêtement de sport, les mêmes baskets de marque, les mêmes casquettes de marque, les mêmes types de portable, c’est ça être moderne. Comme à Brookleen, aux Etats-Unis, laisser tomber le pantalon jusqu’à traîner à terre dans la poussière, laisser descendre le short jusqu’aux chevilles, mettre le nombril en évidence, tel est le spectacle que nous donnent parfois aujourd’hui un certain nombre de jeunes gens et jeunes filles de notre temps. Et que dire de la violence entre jeunes, entre éducateurs et jeunes, dans les écoles, dans les rues. ? Combien de jeunes enfants, (et on l’a fait remarquer récemment), circulent avec, dans leur sac d’écolier, une paire de ciseaux ou un couteau. On n’est pas encore arrivé, (Dieu soit loué !) à la violence comme aux Etats-Unis où un jeune étudiant avait pris récemment la décision de tuer plusieurs de ses camarades pour des motifs d’une banalité qui nous laissent rêveurs. Et puis enfin quels sont les exemples des jeunes d’aujourd’hui ? Ce ne sont pas les saints de nos calendriers dont on leur donnait jadis les noms (Paul, Jacques, Pierre, Philippe, Michel) Non ! Ce sont les vedettes qui font l’actualité ( Paméla, J.R. Rudy, Steeve ) les joueurs de foot-ball, les vedettes de cinéma etc. Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? demande-t-on ? : « Musiciens, chanteurs, foot-balleur. Etc. Il ne faut évidemment pas mettre tous les jeunes dans le même sac, ce serait injuste ; et ce n’est pas non plus pour les dénigrer que je dis cela. Ce que je veux faire comprendre, en décrivant le milieu dans lequel les jeunes vivent et le modèle de société qui leur est offert, c’est qu’ils ont beaucoup de difficultés à percevoir et à entendre d’autres appels à une vie autre. Pourtant je crois profondément qu’ils sont aussi généreux que nous. La générosité est une affaire du cœur, une affaire d’amour. Mais les adultes, que nous sommes, sont révoltés et ont le sentiment de vivre dans un monde bouleversé qui semble avoir perdu l’essentiel. Et de fait nous vivons dans ce monde-là, un monde tout autre et tout différent de ce que nous avons connu dans le temps passé. Il ne faut pas tellement se plaindre parce que le monde ancien que nous regrettons n’était pas meilleur. Il y avait autrefois autant de choses mauvaises, tristes, et hideuses, mais on n’avait pas la télévision, ni les journaux pour nous en faire chaque jour le récit. Quel rapport y a-t-il donc, dites-vous, entre ce que je viens de décrire et la fête que nous célébrons. ? La réponse est que Celle qui est au cœur de cette fête, j’ai nommé Ensuite, chaque fois que Marie s’est manifestée dans ses apparitions, que ce soit à Lourdes, Fatima, Pontmain ou ailleurs, elle a livré un message, le message même de l’Evangile : « Priez, priez, mes enfants, faites pénitence ». Pourquoi ? parce que la prière et la pénitence nous enracinent dans l’amour de Dieu, et dans notre liberté de fils et de filles de Dieu., faute de quoi nous risquons de devenir des esclaves du monde et de ces modes, et finalement de perdre notre liberté et notre jugement. « Si le Fils vous a rendu libres, dit st. Jean, c’est pour que soyez vraiment libres. » Enfin nous découvrons en Marie la femme qui a su dire « Oui » à Dieu. Le « oui de Marie » n’a pas été le « oui » d’un jour, mais l’aboutissement d’un amour total donné à Dieu Il n’est pas impossible de dire « oui » à Dieu aujourd’hui encore, mais ce n’est pas d’une façon magique ou quasi mécanique que ce « oui » tombera de nos lèvres. C’est en se faisant proche du Christ en le fréquentant de près qu’il nous donnera la grâce de dire « oui » dans la foi et la joie. Le « oui » de Marie exprimait sa disponibilité pour Dieu. « Voici la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon ta Parole ». Tout chrétien, parce que fils et fille de Dieu, nous sommes appelés, à être ainsi disponible pour Dieu. Célibataires, mariés, hommes et femmes de toute catégorie sociale nous sommes appelés à être témoins, à l’exemple de Marie. Quelques uns à l’exemple des apôtres et des prophètes sont appelés à un engagement plus spécifique (comme prêtres, religieux ou religieuses). D’autres, d’une façon plus simple, répondent à un engagement dans leur paroisse ou le diocèse (catéchistes, choristes, responsables de petite communauté,visiteurs et visiteuses de malades ou prison, membres du secours catholique). Mais ce n’est jamais pour faire plaisir à un tel ou un tel que je fais cela, mais parce que je crois qu’en faisant cela, je réponds à un appel de Dieu.