3° Dimanche de Pâques

Publié le par Yves GILLOT

 Frères et sœurs,

Après les événements qui les a tous bouleversés, la mort et la résurrection de leur Maître, les apôtres retournent à leurs barques et à leurs filets. Ils vont à la pêche. Il faut bien vivre ! Pierre, comme les autres sans doute, n’est pas encore remis de cette nuit tragique où il a renié son maître. Il est nu sur sa barque, nu comme Adam après son péché. Ils passèrent la nuit sans rien prendre.

L’évangéliste qui rapporte ces faits ne fait pas que raconter, il livre un message. Et lequel ? En l’absence de Jésus, c’est la nuit, comme eux, les apôtres, nous passons la nuit sans rien prendre, i.e. que nous travaillons sans résultat. Et nous nous  décourageons facilement. Combien de fois en effet nous avons connu le découragement de peiner sans résultat tangible, de ramer comme on dit dans la vie de famille ou la vie du couple quand la tendresse semble se faner, combien de fois vous les enseignants vous avez  passé du temps à bien préparer un exposé, un cours,  un travail pour des jeunes scolaires dont vous avez eu le sentiment que ce fut un échec. J’aurais bien voulu qu’il soit là, dites-vous !..Mais alors et la prière ? je ne veux pas dire la prière occasionnelle, comme celle que font par ex. des étudiants, la veille ou le jour  des examens en faisant une prière ou en mettant une bougie au pied de la sainte Vierge. Au début du jour, Jésus était là sur le rivage dit l’évangile. Il leur dit de jeter le filet, et ils prirent une si grande quantité de poissons qu’ils n’arrivaient pas à ramener le filet.  L’évangéliste ne fait pas que raconter : il veut nous faire comprendre que, quand Jésus est là, c’est le jour qui se lève, la lumière qui arrive. Et avec Jésus tout change. L’obéissance à sa parole fait des merveilles. L’obéissance c’est d’avoir jeté le filet, malgré l’échec, c’est de persévérer quand même. Et ça ce n’est pas toujours facile. 

Seul Jean, lui qui a vu le tombeau vide et qui a cru, comprend avec les yeux de la foi le signe du filet miraculeusement rempli. Il reconnaît le Christ ressuscité et le fait reconnaître par les autres. « C’est le seigneur ! » dit-il. L’évangéliste ne fait pas que raconter. Il veut nous faire comprendre que Jésus ressuscité nous donne des signes de sa présence. Rappelons-nous par ex., après la résurrection, Marie-Madeleine ne reconnaît pas Jésus,(trois jours après sa mort) elle le prend pour le jardinier jusqu’au moment où Jésus lui dit : « Marie », et elle de répondre « Rabbouni ». Rappelons-nous l’histoire des disciples d’Emmaüs qui montent de Jérusalem à Emmaüs, effondrés de tristesse. Sur la route, ils ne reconnaissent pas le ressuscité, ils le prennent pour un voyageur ordinaire, trois jour après sa mort. Ils racontent ce qui s’était passé, jusqu’au moment où Jésus à l’auberge leur révèle qui il est par le signe du pain partagé. Une parole, un geste, une pêche de miraculeuse sont autant de signes par lesquels Jésus se manifeste Aujourd’hui encore, Jésus se manifeste à nous,  par le fait que nous sommes rassemblés en son nom, par la Parole que nous entendons, par la fraction du pain. Aucun disciple n’osait lui demander : « qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Nous-même en entendant ces paroles « prenez et mangez, ceci est mon corps, prenez et buvez ceci est mon sang » nous savons que c’est lui qui parle, et c’est lui qui nous donne son corps et son sang.

Ce matin-là sur le bord du Lac, Jésus fait revivre ses disciples. Il fait entrer Pierre dans une vie nouvelle : il est confirmé dans l’amour de Jésus et dans mission. C’est un nouveau départ pour lui et ses compagnons. Ils ont la certitude que partout où ils sont, que ce soit  en pleine vie professionnelle ou en pleine mission, ils savent que Jésus est avec eux. Cela est vrai aussi pour nous.

Chaque jour, le Seigneur marche à nos côtés, il vient à notre rencontre, même si très souvent nous ne savons pas que c’est lui. Il nous offre aujourd’hui de renaître dans la confiance. Bien souvent au cours de nos journées, Jésus nous fait signe. Mais occupés à autre chose, préoccupés de nous-mêmes, nous ne faisons pas attention à ces appels discrets qu’il nous adresse. Nous pouvons alors lui dire : « Ouvre nos yeux Seigneur ! Ouvre surtout notre cœur à ton amour ! »Amen 

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Publié dans lemoule

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