28°dimanche.B

Publié le par Yves GILLOT

28° Dimanche. B

Frères et sœurs,

« Qu’est-ce qu’il faut faire ? » Voilà une question qu’on aime poser. On a des recettes pour faire un gâteau ou un plat, mais quand il s’agit d’organiser sa vie, de faire bien  sa vie, il n’y a pas de recette tout faite. Je sais bien que dans les revues et les journaux, on propose des recettes pour ne pas grossir, pour avoir un beau physique, etc. « Qu’est-ce qu’il faut faire ? » pour ne pas se laisser encombrer par une foule d’objets dont on a besoin, mais pas forcément indispensable. Et que dire de nos hypermarchés, de la multiplication des articles proposés poussant à la consommation effrénée ?

« Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle », dit un  homme en se jetant aux pieds de Jésus. Il est déjà plus précis. Il dit « Que dois-je faire ? » Il s’engage personnellement. Il veut réaliser ce que Dieu attend de lui. Jésus jette un regard sur lui, et voyant sa générosité, il se mit à l’aimer. « Tu veux savoir ce que tu dois faire ? »  Observe les commandements  poursuit Jésus. La réponse de Jésus est  simple : Il renvoie cet homme à la volonté de Dieu exprimée par Moïse : ce qu’on appelle la Loi.  Sans aucun doute cet homme appartenait à l’élite religieuse formée par l’observance de la Loi. Et il reconnaît lui-même qu’il a observé tout ce que prescrivait la Loi. Une telle affirmation étonne. Qui en effet peut s’attribuer une fidélité sans faille ? Il faut vraiment que cet homme soit sincère et soit une âme simple qui cherche à aller plus avant. Ce n’est par vanité qu’il dit cela, et c’est aussi la raison pour laquelle Jésus se mit à l’aimer.

Tout d’un coup Jésus passe sur un autre registre. Il n’est plus question de vie éternelle à gagner, mais de le suivre, lui Jésus, comme si la vie éternelle c’était d’être avec Jésus.. Il ne s’agit plus de faire des efforts pour obéir à des commandements, il s’agit d’abord d’entrer en une relation d’amour avec Jésus. C’est la première chose que st. Marc souligne : « Posant son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer » comme  pour nous dire que c’est Lui, Jésus, le premier qui nous aime .L’objet de la foi, ce n’est pas de connaître tous les commandements par coeur, de les savoir sur le bout des doigts, c’est de dire, de proclamer, de croire que Dieu nous aime. C’est ce regard d’amour de Jésus qui bouleverse tout. Jésus veut faire comprendre à l’homme riche qu’il lui manque l’essentiel : de se laisser d’abord aimer, découvrir que tous ses biens matériels ne pourront jamais combler cette nécessité vitale pour tout homme d’être aimé. 

« Une seule chose te manque : va vends tout ce tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. » L’homme prisonnier de ses grands biens, s’en alla tout triste. Marcher à la suite du Christ,  c’est cela qui nous distingue des autres croyants d’autres religions. Notre Foi ce n’est pas un livre avec de beaux enseignements et de belles prières. Ce que nous sommes seuls à avoir, c’est un Maître, qui pour avoir marché sur les routes humaines jusqu’à la croix, nous dit : « Viens et suis-moi ! ». « L’homme s’en alla tout triste car il avait de grands biens. » Mais soyons-en sûrs, Jésus ne lui a pas retiré son amour, il l’a toujours accompagné de son regard d’amour. Et Jésus d’ajouter :

« Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » Alors attention ! Il ne s’agit pas d’une aiguille à coudre ou à tricoter, mais de la petite porte faite dans le mur de la ville (qu’on appelait « aiguille » ) par laquelle les chameaux y entraient. Mais ils ne pouvaient y entrer que si on les débarrassait des marchandises qu’ils portaient sur leur dos. On comprend alors l’interrogation des Apôtres : mais alors qui peut être sauvé ?

Si ce récit s’arrêtait là, ce serait décourageant, comme le pensent les Apôtres témoins de la scène. Mais une parole d’espérance peut faire imaginer que cet homme riche trouvera son sourire et sa spontanéité : « Pour les hommes cela est impossible, mais pas pour Dieu ». Cela veut dire que les exigences que propose Jésus ne peuvent pas être réalisées qu’à la force des poignets de l’homme, mais avec Dieu tout est possible. Seigneur, viens nous affermir dans l’essentiel, sans toi nous ne pouvons rien faire. Amen

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans lemoule

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