25° dim.B
25° Dim. B. Frères et sœurs, Pour parler de Dieu, du Royaume de Dieu et de tout ce qui concerne l’au-delà, nous utilisons les mêmes mots que pour décrire le monde dans lequel nous vivons. Qu’est-ce que vous voulez, nous n’avons pas d’autres moyens ! Mais alors, lorsque nous regardons les choses de Dieu, avec nos yeux d’hommes de la terre, lorsque nous portons des jugements avec nos petits raisonnements de créature terrestre, nous commettons forcément des erreurs. Je m’explique. Vouloir être grand selon l’Evangile, qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce qui est grand pour nous ? C’est peut-être quelqu’un qui est riche et puissant, quelqu’un qui gouverne, quelqu’un qui a fait de hautes études ou qui a une position sociale importante. C’est rarement un domestique en tous cas. Alors nous avons tout faux ! Car Jésus dit : « Si tu veux être le premier ? Sois le serviteur de tes frères. » Il a d’ailleurs donné l’exemple en lavant les pieds de ses disciples, au grand scandale de Pierre, et en donnant tout jusqu’à sa vie même. Quelle attitude donc avoir devant Dieu ? C’est la simplicité, l’humilité, la confiance, en un mot : être comme l’enfant. Un enfant c’est beau et attendrissant. Nous savons l’entourer, le choyer, le protéger, sans avoir besoin de l’expliquer. L’enfant par ex. sait bien qu’il est heureux dans les bras de son papa ou de sa maman. Et la maman n’a pas besoin, chaque fois, de dire « je t’aime », « je t’aime » elle n’a pas besoin de se justifier quand ses bras s’ouvrent d’eux-mêmes à l’approche de son enfant. Nous-mêmes, nous savons que nous sommes entre les mains de Dieu, que nous sommes aimés de Dieu. Tout l’Evangile n’est que cela.. Je ne peux pas expliquer par des mots que je suis aimé. Il faut accueillir simplement le don de l’amour de Dieu, avec le cœur d’un enfant, i.e. se laisser émerveiller, sans chercher à tout comprendre, à tout expliquer. C’est pourquoi Jésus place un petit enfant au milieu de ses apôtres pour leur montrer l’attitude qui convient devant Dieu. L’humilité, la confiance et le service, voilà ce que Dieu aime trouver en nous. Voilà aussi ce qui nous élève à ses yeux. Jésus le rappelle à ses disciples qui se disputent pour savoir qui est le plus grand parmi eux. Quel contraste entre la discussion des disciples sur leur promotion sociale, et l’annonce de Jésus sur son abaissement jusqu’à la souffrance et la mort. Comme sans doute ses paroles ne semblaient pas être comprises par ses amis, il va leur faire signe par un geste. Il place un enfant au milieu d’eux. L’enfant ne connaît pas le prestige, il n’a pas d’ambition ni de prétention. Eh bien Jésus s’identifie à cet enfant : « Celui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci c’est moi qu’il accueille. » Thérèse de Lisieux a voulu justement prendre comme son nouveau nom de religion : « Thérèse de l’enfant Jésus ». Elle voulait vivre sa vie et pratiquer l’évangile à la manière d’un enfant, qui ne comprend pas tout, qui ne cherche pas à tout comprendre. Elle se sait enveloppée d’amour. L’humilité, c’est ça : savoir qu’on est enveloppé d’amour. Ce que Dieu aime trouver en nous aussi c’est l’esprit de service. Etre saint, ce n’est pas forcément multiplier les exploits et les actes d’héroïsme, c’est se mettre, comme le Christ, au service de ses frères. Dans l’Eglise, les services que les chrétiens assument le sont au titre de leur baptême. Et c’est dans ces services-là qu’ils montrent qu’ils vivent l’évangile. Mais l’Eglise elle-même a été instituée par Jésus pour être au service de l’humanité comme « le levain dans la pâte, comme le sel de la terre, comme la lumière du monde ». Un ex. Il y a quelques années de cela, il y a eu au Caire en Egypte une conférence internationale sur le problème de la population dans le monde. Au terme de cette conférence, le représentant du Pape a refusé de signer le document, un document qui faisait de l’avortement l’unique moyen de réguler la population dans le monde. Ce faisant, i.e. en refusant de signer ce texte, l’Eglise rend un service à l’humanité en protestant haut et fort contre le mépris de la dignité de la personne humaine. Dans la déclaration faite par l’Eglise, (disait Mgr Lehmann, jadis président de l’assemblée épiscopale allemande), l’Eglise met très clairement l’accent sur le fait qu’aucune contrainte ne peut être exercée sur les couples. Et il ajoutait que « l’Eglise se réjouissait d’avoir affirmée la volonté de promouvoir l’égalité et la dignité de l’homme et de la femme. » Le service que l’Eglise entend rendre à notre humanité c’est de dire que la politique d’une pratique abortive serait ruineuse pour l’humanité. C’est en menant au contraire le combat contre la misère et l’ignorance, en assurant une meilleure éducation et formation des couples, en supprimant ce scandale qui fait que des pays entiers s’appauvrissent en raison principalement de l’exploitation de leurs ressources par les pays riches, c’est en menant ce combat-là que la courbe de naissance pourrait être infléchie. Le service que l’Eglise rend, dans ce cas-là, à notre humanité c’est d’encourager et de participer à tous les efforts entrepris pour redonner aux familles leur dignité, en redonnant aux parents la place qui leur revient dans l’éducation. On pourrait me dire alors : « Est-ce que vous croyez que l’Eglise est écoutée, approuvée par les grandes puissances de ce monde, est-ce que vous croyez qu’elle va gagner ce combat-là ? » Je réponds : dans le combat entre le petit David et Goliath, tout le monde ne croyait-il pas que la victoire était du côté du géant Goliath ?… Mais à notre niveau de chrétiens de la base, de simples baptisés, l’Eglise c’est aussi nous-mêmes. Et cela dans tous les secteurs de notre vie. Ce n’est donc pas seulement dans les services d’église (catéchistes ou autres) que nous portons témoignage de notre foi. C’est aussi dans la vie professionnelle, syndicale, politique. Et cela, bien simplement, sans orgueil et vanité : comme un enfant.