2° dim.2006.B
Frères et sœurs,
Après l’Avent et Noël, nous retrouvons ce qu’on appelle dans la liturgie : « les dimanches ordinaires ». Mais attention !ce qualificatif « ordinaire » n’a rien de péjoratif, ces dimanches ne sont pas inférieurs à ceux des autres temps liturgiques, comme Noël, le carême. Chaque dimanche célèbre la résurrection du Christ, chaque dimanche fête Pâques, et cela n’a rien « d’ordinaire » !
Cependant, les choses les plus simples de la vie qui nous paraissent « ordinaires », banales, sans grande importance sont parfois chargées d’enseignement ou de signification.
Tel est par ex. l’appel du petit Samuel (dans la première lecture.) D’une façon tout à fait ordinaire, le Seigneur l’appelle. Ecartons de suite toutes questions sur la manière dont Dieu a pu parler à ce jeune garçon, pour nous intéresser à cette expérience personnelle : Samuel s’est senti appelé par Dieu dès son plus jeune âge, quand il était au service du Temple. C’est avec générosité alors qu’il répond : « Me voici ! Parle ton serviteur écoute. »
Réponse simple, spontanée, ordinaire, mais qui exprime tout l’engagement du cœur. Un commentateur fait remarquer que ce n’est pas un hasard, si c’est de nuit, pendant son sommeil, que Dieu vient parler à Samuel, comme pour signifier que celui qui souhaite suivre le Seigneur doit se « réveiller », se « lever ». Ensuite, il faudra à Samuel l’aide du prêtre pour découvrir « qui » lui parle mystérieusement ainsi. Dans toute vie spirituelle, en effet, nous avons aussi besoin d’être accompagnés, guidés par un aîné dans
Que voyons-nous encore dans l’Evangile de ce jour ? Jésus qui appelle ses premiers disciples. Des hommes ordinaires, tout simples qui vont le suivre. L’Evangile surprend par sa simplicité, par son côté « ordinaire ». Jésus n’a pas besoin de protocole. A la question posée « où demeures-tu ? » Il ne répond pas : « venez, suivez-moi ! », mais « venez et vous verrez ». Pourquoi ? parce que être disciple de Jésus c’est une aventure, c’est une marche, c’est une découverte. Jésus va les amener vers les exclus (la Samaritaine, Zachée, la femme adultère) ; les pauvres comme les lépreux, les boiteux, les aveugles. Il va affronter avec eux les pharisiens, les Scribes, qui contestent son autorité. « Venez et vous verrez ! »Jésus n’a pas d’adresse.. Les disciples vont se mettre à l’école de Jésus sur la route. Ils vont l’appeler « Maître ! » Et de fait, Jésus sera leur maître, non pas un maître style autoritaire et gourou, mais un ami qui prend la tête de la marche et qui donne un sens à la vie.
Peut-être, à l’exemple de ces disciples, devons-nous redécouvrir que nous sommes des hommes et des femmes « ordinaires », réapprendre l’authenticité, la simplicité de notre relation au Christ, en l’écoutant nous parler, en lui répondant sincèrement, en nous présentant à lui tels que nous sommes. C’est un peu cela être chrétien.