2° Dimanche de Pâques

Publié le par Yves GILLOT

2° Dimanche de Pâques 2006

Frères et sœurs,


Saint Thomas

On a tellement pris l’habitude de voir en l’apôtre Thomas l’exemple ou le type de l’homme incrédule (d’ailleurs  tant d’images et de peintures célèbres nous l’ont montré mettant le doigt dans les plaies du Christ) que nous avons peine à le voir autrement que dans le rôle de l’homme têtu, enfin contraint de se rendre à l’évidence.

Or ce thème de la difficulté avec laquelle les disciples vont passer du doute à la Foi , de l’incrédulité à la certitude de la résurrection, c’est un trait commun aux diverses traditions pascales. St Jean concentre sur le seul personnage de Thomas cette attitude sceptique, cette difficulté de croire qui, dans les autres récits d’apparition, concerne aussi bien l’ensemble des disciples. Et pourquoi ? Ce n’est pas pour développer un aspect particulier du tempérament de Thomas. Mais c’est pour un motif théologique. St. Jean veut nous faire comprendre que tous, ils ont mis du temps avant de croire, les uns plus que les autres peut-être, mais tous sont passés par l’épreuve, par ce chemin du doute.

Donc st. Jean veut nous dire ceci : 1°) la Foi pascale, ce n’est pas le fruit d’une exaltation facile,  une sorte de coup de foudre (comme cela arrive parfois à certains amoureux). Non ! Ceux, et notamment les Apôtres eux-mêmes, qui nous transmettent l’événement de la résurrection nous disent la difficulté qu’ils ont eu à admettre cela. La foi n’a jamais été facile pour personne, à aucune époque de l’histoire. La foi est une victoire que le Ressuscité dut lui-même remporter sur le doute qui paralysait ses amis. Ainsi Thomas n’est pas le coupable incrédule qu’on a souvent imaginé. Son cas n’a rien d’unique, ni d’indigne. Son cas résume et représente les difficultés par lesquelles tous les disciples sont passés.

2° chose : ce constat de Thomas est une expertise. Car ce que constate Thomas, c’est que le Ressuscité est le même Jésus de Nazareth, qui a été crucifié, et pas un autre. Le même qui a marché avec eux sur les routes de Palestine. Le même qui a ri et bu le vin des noces de Cana. Le même qui a dit : « Le Père et moi nous sommes Un ». Le même qui avait pardonné à la femme pécheresse. Le même qui, quelques jours auparavant avait dit : « Prenez et mangez, prenez et buvez, c’est mon corps, c’est mon sang.. » La résurrection de Jésus est donc l’événement, la signature qui vient confirmer sa Parole et ses gestes.

3° Chose : la Profession de Foi de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est la profession de foi la plus forte du Nouveau testament, à travers laquelle il nous est donné d’entendre et de faire nôtre, aujourd’hui, l’acclamation de l’Eglise naissante. C’est, si vous voulez encore, le premier « credo » des premiers chrétiens à l’époque apostolique.

Nous croyons que Jésus est vivant aujourd’hui, parce que nous faisons confiance à l’Eglise qui a reçu l’Esprit de Pentecôte pour nous faire  entrer dans la vérité toute entière. Nous sommes des croyants, i.e. que nous croyons sans avoir vu, mais avec la grâce de l’Esprit Saint, notre intelligence et notre cœur s’appuient sur la Parole de Dieu, et sur les signes que Dieu nous a donnés.

Que la communauté des croyants se rassemblent, de huit jours en huit jours, comme au temps des apôtres, c’est le signe le plus fort qui nous montre que Jésus est présent avec nous. C’est à cette Eglise apostolique, vivante par l’Esprit, que nous sommes incorporés par le baptême et la confirmation. Et c’est avec cette Eglise que nous témoignons encore aujourd’hui : « Mon Seigneur et mon Dieu »

4°) enfin, au cœur de ce récit il y a un rassemblement. Depuis le dimanche de Pâques, je vous le disais, les chrétiens se rassemblent le 1° jour de la semaine. Nous en avons des témoignages, par ex. dans les Ac. 20 :7 « Le premier jour de la semaine à Troas, comme nous étions rassemblés pour rompre le Pain.. » Au 2° siècle à Rome (1° apologie de st. Justin) « Le jour du soleil (i. e le dimanche) nous nous réunissons tous. ». En l’an 304, le témoignage des martyrs d’Afrique du Nord « Nous ne pouvons rester sans le repas du Seigneur. » Au 20° siècle, le 2° Concile du Vatican : « Le jour du Seigneur ou dimanche, l’Eglise célèbre le Mystère de Pâques en souvenir du jour même de la Résurrection du Christ. Ce jour-là, les chrétiens doivent se rassembler pour entendre la Parole de Dieu et participer à l’Eucharistie.».

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Nous sommes de ceux-là, Frères et Sœurs, parce que nous nous appuyons sur la foi des Apôtres et particulièrement sur l’expertise, mieux encore, sur la foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est à ce cri de foi qu’aboutit l’Evangile de Jean. C’est, dit St Jean lui-même, dans ce but qu’il l’ a écrit : « afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et que par votre foi, vous ayez la vie en son nom. »Amen 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans lemoule

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