1° Dimanche de carême.B

Avant de lire cette homélie du 1er dimanche de carême par le Père Yves Gillot, découvrons le très bel Autel de l'Eglise du MOULE et l'un des 4 vitraux du Choeur illustrant le Baptème de Jésus par Saint Jean Baptiste.
1°Dimanche de carême. B Frères et sœurs, « Poussé par l’Esprit, Jésus va au désert ». A quoi pensons-nous quand on parle du désert. Peut-être, voyons-nous le sable à n’en plus finir, le soleil implacable, des caravanes, des visages voilés, un rallye automobile, des mirages, la solitude qui fait peur. Pourtant le désert, c’est aussi la solitude féconde, la beauté immense, le ciel qui parle, des hommes à la recherche de Dieu, loin des villes et des vanités. Je pense à Charles de Foucauld, par ex. Il avait trouvé là le silence comme un sanctuaire. Le désert où Jésus pouvait aller n’avait pas les dimensions redoutables du sahara. Ce que l’évangéliste entend souligner, c’est que Jésus se retire, il se met à l’écart, il fait retraite. Le texte lu aujourd’hui met fortement en lumière que durant ce temps du désert, Jésus est tenté. Tenté parce qu’il est homme. Le désert apparaît donc bien (selon sa signification dans toute Durant ce temps du carême, nous allons nous mettre, nous aussi, au désert. Ne cherchons pas trop loin un lieu géographique désert pour avoir le sentiment que nous sommes dans un lieu de solitude et de silence. C’est en nous-même, en chacun de nous, que ce lieu se trouve. Mais sachons-le, le Tentateur est là. Comme pour Jésus, il nous attend. Il attend toujours celui qui se met à la recherche de Dieu, pour le détourner de son chemin et de sa recherche. Or nous sommes à le recherche de Dieu. L’épreuve est inévitable. « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à Emprisonnée dans le cercle infernal de la souffrance et de la maladie, de la mort et du péché, l’humanité n’a cessé d’espérer et de lutter pour qu’un jour vienne où le mal à l’œuvre dans le monde soit vaincu. Nul homme n’y est parvenu. Le peuple de Dieu maintenait vivante cette espérance en attendant le jour où Dieu lui-même viendrait prendre en main la lutte des hommes contre le mal. Telle est L’évangéliste nous présente les signes de la victoire. En Jésus notre frère, l’homme a vaincu Satan et vit dans un univers réconcilié. Les bêtes sauvages dont parle st. Marc ne sont pas féroces. Jésus vit parmi elles. En disant cela, St. Marc fait allusion à quoi ? A Adam autrefois, dans le jardin de l’Eden, lorsque la création toute entière était en paix, avant que survienne le Tentateur, avant le péché de l’homme. Jésus, c’est le nouvel Adam, l’homme nouveau qui va dire oui au Père. C’est en Lui, Jésus, et avec Lui que nous allons renouer une alliance nouvelle avec Dieu. Vous avez sans doute remarqué que ce mot « Alliance » est revenu à plusieurs reprises dans les textes de ce jour. Dieu fait alliance avec nous en Jésus. Et ce Dieu qui fait alliance s’engage envers les hommes à promouvoir la vie et non à la détruire, comme le récit du déluge nous l’apprend au temps de Noé. Le peuple d’Israël a conservé la mémoire de ces crues dévastatrices, ou de raz de marée, relatées dans ce récit du déluge, pour l’ouvrir à l’espérance. En révélant un Dieu qui désire la vie, pleinement, des plus petites bestioles jusqu’aux humains. Même les phénomènes atmosphériques, comme l’arc-en-ciel, sont mis au service de ce message. Dans la deuxième lecture de ce jour, l’Apôtre Pierre revient sur ce thème de l’Alliance en faisant ressortir que c’est le baptême qui est le signe de l’Alliance de Dieu avec nous et qui nous dit que cette alliance demeure. C’est trois textes en quelques lignes évoquent donc toute Jésus au désert se retire dans l’intimité de Dieu. Il n’avait pas besoin d’aller au désert pour cela. Nous, nous en avons besoin. Un peu de solitude, un peu de silence pour écouter Dieu et l’entendre nous parler. Le carême, Frères et Sœurs, ne serait qu’un passage triste sans l’horizon de Pâques. La pénitence que nous nous imposerons ouvre à la conversion, à une vie nouvelle dans la création réconciliée. Une chose qu’il faut retenir en terminant, c’est que Jésus nous apprend et nous invite à vivre dans la confiance totale en Dieu Père. Quoiqu’il arrive, Dieu ne reprend jamais son amour. Il nous appelle à revenir vers Lui, car il sait que sans lui, notre bonheur est illusoire. Amen