Epiphanie 2006

Publié le par Yves GILLOT

                             La crêche de l'Eglise du MOULE

Frères et sœurs,

 « Epiphanie »  est un mot grec qui veut dire manifestation. La fête de l’épiphanie, c’est la fête de la manifestation du Seigneur à toutes les nations. Jésus est venu dans le monde pour rassembler et sauver tous les hommes. Il attire donc à lui  tous ceux qui cherchent Dieu. Il y a en effet depuis toujours des chercheurs de Dieu dans tous les pays du monde. D’une façon ou d’une autre  nous même, nous sommes tous à la recherche de Dieu. Notre marche est tantôt pleine de lumière, tantôt obscure et pénible.  C’est un peu cela la foi : une recherche de Dieu dans une demi obscurité. Mais voilà la merveille : ceux qui cherchent Dieu finissent par le rencontrer.

Les Mages représentent toutes ces nations qui viennent à la crèche rendre hommage à ce petit enfant Dieu. « Des Mages », dit st. Mathieu. Il ne dit pas qu’ils étaient trois. Des mages tout simplement. ! Il ne dit pas non plus qu’ils étaient rois. C’est la tradition populaire, sans doute influencée par la lecture du psaume, qui a orienté la piété des fidèles. Mais peu importe ce qu’ils étaient. Ils sont le symbole de tous ceux qui sont en recherche de Dieu. Et leur recherche aboutit. Non pas à l’absurde. Je veux dire que ce n’est pas une démarche, sans lendemain, une démarche insensée. Non !. Ils finissent par trouver « le roi des juifs qui vient de naître », mais pas dans un palais, mais dans une étable. Toute recherche de Dieu aboutit à une découverte de Dieu, mais une découverte déroutante, inattendue, surprenante. Ils n’auraient pas imaginé de trouver « ce petit roi des juif »,  dans cette étable si misérable et si pauvrement vêtu.

Les Mages, ce sont aussi les différents pouvoirs qui gouvernent le monde. Le pouvoir politique, le pouvoir scientifique, le pouvoir économique. Ces trois pouvoirs viennent s’humilier devant Dieu, i.e. reconnaître qu’ils ne sont pas Dieu. Le pouvoir politique n’est pas Dieu. Et lorsqu’il se prend pour Dieu, il devient tyrannique, dictateur, dominateur, oppresseur, persécuteur. On le sait le pouvoir absolu rend absolument fou. L’histoire nous apprend comment des hommes politiques se sont érigés en dictateur et même en opposition à Dieu jusqu’à exclure tout ce qui avait quelque rapport à la religion.. Tant de gens sont enfermés dans les prisons du monde, à cause uniquement de leur opinion politique ou religieuse. Tant d’autres ne peuvent s’exprimer librement sans être aussitôt inquiétés, et sans faire l’objet de représailles au niveau de leur famille et de leur bien. A travers ces mages, c’est le pouvoir politique qui plie les genoux devant l’enfant Dieu.

Les Mages, c’est également le pouvoir scientifique qui est au pied de l’enfant de la crèche. Le pouvoir de la science est illimité. Soit ! Il peut aller aussi loin, aussi haut que possible. La seule limite qui lui est imposée, c’est le respect de la dignité de la personne humaine. Trop souvent lorsque le pouvoir scientifique ne veut pas plier devant la dignité de la personne, ses droits sont foulés au pied et violés. On ne peut pas ne pas s’interroger avec une réelle inquiétude sur l’avenir, sur l’humanité de demain où l’on voit venir des bébés éprouvettes ; ou des bébés menés à terme par une mère porteuse et remis à d’autres parents qui en avaient passé la commande, (et si l’enfant mené à terme est infirme ou mal formé on refuse de le prendre) ; ou encore des fœtus expulsés du sein maternel qui entrent dans la fabrication des crème de beauté, sans compter plus proches de nous encore les problèmes du clonage etc.. Dès que la science se prend pour Dieu, au lieu de servir l’homme, elle le détruit. La science sans conscience est mortelle pour l’humanité.

Le pouvoir économique non plus n’est pas Dieu. L’argent n’est pas Dieu. Devant l’enfant de la crèche, les mages offrent leurs trésors, de l’or, de l’encens et la myrrhe. Ils se « dépossèdent » en quelque sorte de ce qui fait leur richesse. Or quand le pouvoir économique se prend pour Dieu, qu’est-ce qui arrive ? Les pauvres sont écrasés et jetés au bord de la route. Quand les puissances d’argent ne plient pas les genoux devant Dieu, quand  le pouvoir économique ne fait référence à aucune morale, c’est l’injustice, la guerre, la mort.

Et pour finir, st. Mathieu nous dit que ces mages sont repartis chez eux par un autre chemin. Ce chemin avait-il réellement changé ? Pas forcément. Etait-il autre ? Oui ! Parce leur cœur à eux était tout autre. Quand on est ainsi inondé de lumière, on voit les choses autrement. Nous pouvons chacun de nous en effet, comme eux, après une prière fervente, une réelle écoute de la Parole de Dieu, une participation vivante à l’Eucharistie, retourner dans nos maisons, tout autre, envahis par cette lumière du Christ qui nous donne l’impression que le chemin du retour est tout différent. Mais c’est moi qui suis différent.Amen

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Publié dans lemoule

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