De Vinci dernière oeuvre représentant Saint-Jean Baptiste.
Nativité de st. J-Baptiste –2004
Frères et Sœurs,
St.J-Baptiste est un maillon important dans l’histoire du peuple de Dieu. C’est pourquoi, comme
Vous avez déjà sans doute assisté à la pose de la première pierre d’un édifice (par ex. un hôpital, un centre culturel ou sportif, une église). On rédige un texte solennel sur un parchemin rappelant la date, les noms des gouvernants et des politiques. On y ajoute aussi des signatures, des médailles, des pièces de monnaie). Et puis, on enfouit tout cela dans la terre en même temps que la première pierre. Ceux qui, quelques siècles plus tard, vont découvrir cette pierre connaîtront l’importance de l’édifice et les circonstances historiques de son érection.
J-Baptiste représente un peu cette première pierre dans l’histoire qui ouvre la venue du Fils de Dieu. L’importance de la naissance de J-Baptiste et de sa vocation n’a donc pas échappé aux évangélistes qui notent tous, ce que j’appellerai « la nouveauté de ce prophète ». Il était vraiment nouveau par la vigueur de son enseignement, et le témoignage de sa vie.
D’abord on nous dit qu’il était dans le désert, vêtu d’un vêtement tissé de poils de chameau avec une ceinture aux reins, qu’il se nourrissait de lait et de miel sauvage, qu’il s’adressait aux Scribes et aux Pharisiens en les traitant de race de vipères, aux collecteurs d’impôts en leur disant de n’exiger rien de plus que ce qui leur était fixé, aux soldats de ne pas mal traiter les gens mais de se contenter de leurs soldes.
Un homme nouveau, oui : il ne s’habillait pas comme tout le monde, il ne mangeait pas comme tout le monde, il ne parlait pas comme tout le monde, bref un personnage hors du commun. Encore un peu on l’aurait pris pour un détraqué, un sauvage du désert. Mais non, loin delà. ! La sagesse de sa parole et de sa prédication révélait, au contraire, qu’il était habité par un Esprit tout autre que les aristocrates de Jérusalem.
Nouveau encore, il l’était, par son courage pour avoir osé dire au Prince Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Et on sait ce qui lui a coûté : Hérode l’a fait, décapiter, trancher la tête, et vous savez dans quelle circonstance.
Homme nouveau encore, J-Baptiste l’était parce qu’il allait jouer un rôle prophétique jusque là inédit. Il invitait les gens, dans l’attente du Messie, au partage et à la pénitence, « si vous avez deux tuniques, donnez-en une à celui qui n’en pas ». Il invitait tous ceux qui le voulaient à recevoir le baptême de pénitence sur les bords du Jourdain. Et les petites gens y venaient(on nous dit même que tout Jérusalem venait l’entendre) et recevaient par lui le baptême de conversion pour préparer la venue du sauveur. Jusqu’au jour où Jésus de Nazareth, son cousin vient, lui aussi, sur les bords du Jourdain recevoir ce même baptême.
La nouveauté de J-Baptiste réside enfin dans la manière dont il concevait sa mission. Il ne s’employait pas à se faire voir ou à se faire valoir ou à se faire considérer. Lorsqu’on est venu lui demander « es-tu le Messie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas ! » « Es-tu le grand Prophète ? » Il répondit encore : « Non ! ». « Qui es-tu donc ? » Il répondit : « Je suis une voix qui crie dans le désert. ». « Il vient après moi quelqu’un qui est plus puisant que moi…Je ne suis pas digne de délier les lanières de ses sandales .Moi, je vous baptise dans l’eau, mais lui vous baptisera dans l’Esprit saint et dans le feu ! ». Il portait tout simplement une bonne nouvelle. Il était comme le facteur qui porte une lettre. Il était le facteur de Dieu, le messager de Dieu. « Les temps sont arrivés, disait-il, le Seigneur vient, préparez les chemins du Seigneur. Aplanissez la route. Rendez droits ses sentiers.. » Et le jour où Jean verra, de ses yeux, celui dont il est venu annoncer la venue, Jésus de Nazareth, il dira « Voici l’agneau de Dieu.. »
La naissance de Jean-Baptiste est un tournant dans l’histoire et dans la vie du peuple de Dieu, car Jean est le dernier des prophètes et le plus grand parmi eux( dit l’évangile). Il est à la charnière de deux mondes. Il est pour reprendre une expression célèbre comme le gond, le genou, le coude, l’articulation de deux histoires, l’ancien et le nouveau testament. C’est pourquoi il est important de comprendre le rôle qu’il a joué à son époque afin que nous-mêmes nous trouvions une inspiration, un exemple.
Il peut en effet nous inspirer dans notre rôle de d’éducateur, même de père ou de mère de famille, de tous ceux, en somme, qui ont une responsabilité dans l’éducation. J-Baptiste disait parlant de Jésus, « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue ». C’est bien la vocation de tous ceux qui ont le sentiment d’accomplir un travail d’éducation auprès des jeunes.
Et puis, Frères et sœurs, ne sommes-nous pas entrés nous aussi dans un monde qui donne l’impression d’être dans un tournant. Tous les événements qui arrivent ici, en Guadeloupe ou ailleurs, sont autant de clignotants d’un monde qui change et qui se transforme. D’ailleurs nous en avons tous le sentiment plus ou moins, quand nous disons : « ce n’est plus comme avant, le monde a complètement changé, de mon temps ce n’était pas comme ça, je ne comprends plus rien ! ».On a ainsi l’impression d’être bousculé, dépassé. Les progrès spectaculaires de la science et de la médecine nous ont fait passer du moyen-âge à la modernité. Désormais on peut aller plus vite et plus loin dans l’univers et dans l’espace. On peut communiquer en un clin d’œil avec n’importe quelle partie du monde(avec l’internet, le mobile, le fax). On vit plus longtemps, grâce aux progrès de la médecine ; on sait mieux ce qu’il faut manger et ce dont il faut s’abstenir . Et puis, il y a le terrorisme qui a brutalement fait son apparition et qui fait peur à tout le monde . Il y a l’immigration massive des peuples, des pauvres gens qui crèvent la misère, qui affluent notamment vers l’Europe, un continent perçu comme la terre où coule lait et le miel. L’Europe lui-même perçoit la nécessité de sortir de l’individualisme,(25 Etats forment désormais l’Union Européenne), On a besoin d’être plus fort, plus uni, par une convention et une monnaie commune. Au niveau même de


Commentaires