Vendredi 22 juin 2007

De Vinci dernière oeuvre représentant Saint-Jean Baptiste.

Nativité de st. J-Baptiste –2004

Frères et Sœurs,

St.J-Baptiste est un maillon important dans l’histoire du peuple de Dieu. C’est pourquoi, comme la Vierge Marie , l’Eglise célèbre la naissance de Jean. La naissance de J-Baptiste est un événement qui constitue, comme cela fut vrai aussi pour Jésus, une sorte de tournant historique. Voyez : le jour rituel de la circoncision on voulait l’appeler selon la coutume comme son père, Zacharie, mais sa mère déclara : « non ! il s’appellera Jean ».  Mieux encore, st. Luc décrit son entrée en scène d’une façon solennelle. « L’an quinze du gouvernement de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée , Hérode Tétrarque de Galilée, Philippe son frère Tétrarque du pays d’Iturée et de Trachonitide, et Lysanias Tétrarque d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la Parole de Dieu fut adressée à Jean fils de Zacharie dans le désert.. » Cette solennité de la parole me fait penser à l’émergence, ou si vous voulez, l’apparition ou la manifestation d’un événement dont on veut marquer les liens historiques avec les grands personnages de l’époque.

Vous avez déjà sans doute assisté à la pose de la première pierre d’un édifice (par ex. un hôpital, un centre culturel ou sportif, une église). On rédige un texte solennel sur un parchemin  rappelant la date, les noms des gouvernants et des politiques. On y ajoute aussi des signatures, des médailles, des pièces de monnaie). Et  puis, on enfouit tout cela dans la terre en même temps que la première pierre. Ceux qui, quelques siècles plus tard, vont découvrir cette pierre connaîtront l’importance  de l’édifice et les circonstances historiques de son érection.

J-Baptiste représente un peu cette première pierre dans l’histoire qui ouvre la venue du Fils de Dieu. L’importance de la naissance de J-Baptiste et de sa vocation n’a donc pas échappé aux évangélistes qui notent tous, ce que j’appellerai « la nouveauté de ce prophète ». Il était vraiment nouveau par la vigueur de son enseignement, et le témoignage de sa vie.

D’abord on nous dit qu’il était dans le désert, vêtu d’un vêtement tissé de poils de chameau avec une ceinture aux reins, qu’il se nourrissait de lait et de miel sauvage, qu’il s’adressait aux Scribes et aux Pharisiens en les traitant de race de vipères, aux collecteurs d’impôts en leur disant de n’exiger rien de plus que ce qui leur était fixé, aux soldats  de ne pas mal traiter les gens mais de se contenter de leurs soldes.

Un homme nouveau, oui : il ne s’habillait pas comme tout le monde, il ne mangeait pas comme tout le monde, il ne parlait pas comme tout le monde, bref un personnage hors du commun. Encore un peu on l’aurait pris pour un détraqué, un sauvage du désert. Mais non, loin delà. ! La sagesse de sa parole et de sa prédication révélait, au contraire, qu’il était habité par un Esprit tout autre que les aristocrates de Jérusalem.

Nouveau encore, il l’était, par son courage pour avoir osé dire au Prince Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Et on sait ce qui lui a coûté : Hérode l’a fait, décapiter, trancher la tête, et vous savez dans quelle circonstance.

Homme nouveau encore, J-Baptiste l’était parce qu’il allait jouer un rôle prophétique jusque là inédit. Il invitait les gens, dans l’attente du Messie, au partage et à la pénitence, « si vous avez deux tuniques, donnez-en une à celui qui n’en pas ». Il invitait tous ceux qui le voulaient à recevoir le baptême de pénitence sur les bords du Jourdain. Et les petites gens y venaient(on nous dit même que tout Jérusalem venait l’entendre) et recevaient par lui le baptême de conversion pour préparer la venue du sauveur. Jusqu’au jour où Jésus de Nazareth, son cousin vient, lui aussi, sur les bords du Jourdain recevoir ce même baptême.

La nouveauté de J-Baptiste réside enfin  dans la manière dont il concevait sa mission. Il ne s’employait pas à se faire voir ou à se faire valoir ou à se faire considérer. Lorsqu’on est venu lui demander « es-tu le Messie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas ! » « Es-tu le grand Prophète ? » Il répondit encore : « Non ! ». « Qui es-tu donc ? » Il répondit :  « Je suis une voix qui crie dans le désert. ». « Il vient après moi quelqu’un qui est plus puisant que moi…Je ne suis pas digne de délier les lanières de ses sandales .Moi, je vous baptise dans l’eau, mais lui vous baptisera dans l’Esprit saint et dans le feu ! ».  Il portait tout simplement une bonne nouvelle. Il était comme le facteur  qui porte une lettre. Il était le facteur de Dieu, le messager de Dieu. « Les temps sont arrivés, disait-il, le Seigneur vient, préparez les chemins du Seigneur. Aplanissez la route. Rendez droits ses sentiers.. » Et le jour où Jean verra, de ses yeux, celui dont il est venu annoncer la venue, Jésus de Nazareth, il dira « Voici l’agneau de Dieu.. »

La naissance de Jean-Baptiste est un tournant dans l’histoire et dans la vie du peuple de Dieu, car Jean est le dernier des prophètes et le plus grand parmi eux( dit l’évangile). Il est à la charnière de deux mondes. Il est pour reprendre une expression célèbre comme le gond, le genou, le coude, l’articulation de deux histoires, l’ancien et le nouveau testament. C’est pourquoi il est important de comprendre le rôle qu’il a joué à son époque afin que nous-mêmes nous trouvions une inspiration, un exemple.

Il peut en effet nous inspirer dans notre rôle de d’éducateur, même de père ou de mère de famille, de tous ceux, en somme, qui ont une responsabilité dans l’éducation. J-Baptiste disait parlant de Jésus, « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue ». C’est bien la vocation de tous ceux qui ont le sentiment d’accomplir un travail d’éducation auprès des jeunes.

Et puis, Frères et sœurs, ne sommes-nous pas entrés nous aussi dans un monde qui donne l’impression d’être dans un tournant. Tous les événements qui arrivent ici, en Guadeloupe ou ailleurs, sont autant de clignotants d’un monde qui change et qui se transforme. D’ailleurs nous en avons tous le sentiment plus ou moins, quand nous disons : « ce n’est plus comme avant, le monde a complètement changé, de mon temps ce n’était pas comme ça, je ne comprends plus rien ! ».On a ainsi l’impression d’être bousculé, dépassé. Les progrès spectaculaires de la science et de la médecine  nous ont fait passer du moyen-âge à la modernité. Désormais on peut aller plus vite et plus loin dans l’univers et dans l’espace. On peut communiquer en un clin d’œil avec n’importe quelle partie du monde(avec l’internet, le mobile, le fax). On vit plus longtemps, grâce aux progrès de la médecine ; on sait mieux ce qu’il faut manger et ce dont il faut s’abstenir . Et puis, il y a   le terrorisme qui a brutalement  fait son apparition et qui fait peur à tout le monde . Il y a l’immigration massive des peuples, des pauvres gens qui crèvent la misère, qui affluent notamment vers l’Europe, un continent  perçu comme la terre où coule lait et le miel. L’Europe lui-même perçoit la nécessité de sortir de l’individualisme,(25 Etats forment désormais l’Union Européenne), On a besoin d’être plus fort, plus uni, par une convention et une monnaie commune.  Au niveau même de la Guadeloupe , les revendications sociales ne sont-elles pas comme des appels pour une plus grande dignité et une plus grande responsabilité. On ne veut plus rester la bouche fermée. Nous sommes véritablement dans un monde en plein changement. Baptisés et confirmés nous y sommes réellement comme des prophètes. Un prophète ce n’est pas quelqu’un qui sait tout, ou qui voit l’avenir dans une boule de cristal ou dans le marc de café, mais quelqu’un qui parle avec l’autorité, et le courage que lui donne la Foi , parfois même en allant à contre-courant de l’opinion publique. Jean le Baptiste a été ce prophète courageux qui a élevé la voix pour rappeler les exigences de la vérité et de la justice dans un monde superficiel et cruel.  Etre prophète c’est  oser dire oui à l’amour, oui à la paix, oui au pardon, oui au partage. C’est oser aussi dire non à tout ce qui écrase l’homme,  ou qui dégrade la personne humaine. Non à la violence,  non à l’avortement, au clonage, au manipulation génétique,  au racisme. C’est aller, évidemment, à contre-courant de l’opinion publique, de ce que les gens disent parfois  ou pensent. Mais l’Esprit de Dieu nous a été donné, justement, pour témoigner que Dieu  est Vivant, qu’il est Le Vivant, qu’il est la Vie , qu’il est l’Amour, qu’il nous veut plus vivant, mieux vivant. L’Evangile n’est que cela.. Tout ce qui va contre cet évangile est contre l’homme et par conséquent contre Dieu. Que cet homme de Dieu, Jean le Baptiste intercède pour nous : que nous puissions comme lui, témoigner humblement de la vérité et de la force de l’Evangile. Amen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Yves GILLOT publié dans : lemoule
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Lundi 18 juin 2007

11° Dimanche ordinaire C

Frères et sœurs,

Quelle étonnante rencontre dans la maison de Simon ! Le Pharisien voulait  sans doute voir de plus près ce Jésus, qui disait venir de la part de Dieu et dont tout le monde parlait, parce que aussi, il disait des choses nouvelles,et rayonnait de bonté. Rien de mieux alors que de l’inviter à un repas. Et  puis, patatras ! Tout s’écroule. Voilà que Jésus se prête à une scène inattendue et pour le moins choquante. Et c’est quoi ? Une femme réputée de mauvaise vie, une pécheresse publique  s’approche de Jésus. Ses gestes, ambigus et humainement troubles créent évidemment la surprise chez les invités. C’est un scandale ! Mais le scandale vient surtout de l’absence de réaction de Jésus. Simon, lui dans son for intérieur, pensait, (avoir invité un homme de Dieu),  que si c’était un vrai prophète, il aurait pu deviner la situation de cette créature. Et voilà qu’il a devant lui un homme comme tous les autres, qui a même l’air de prendre du plaisir au comportement de cette femme. Si au moins, il avait retiré ses pieds et remis cette pécheresse à sa place ! Mais non ! Or selon la Loi , se laisser toucher ainsi par une femme impure le rendait complice de son péché. Pour nous la scène est incompréhensible.

D’un côté, en effet nous voyons Jésus le Fils de Dieu fait homme, totalement saint et sans aucun péché. Il est la pureté même, la présence même du Dieu trois fois saint, et de l’autre côté nous voyons l’impureté, le péché, la décadence, la créature misérable et souillée par le péché.

Comment cette rencontre va-t-elle se terminer ? Et bien ! Jésus va faire de cette rencontre une occasion de manifester la manière d’agir de Dieu envers les pécheurs. D’abord Dieu ne repousse pas et ne rejette pas l’humble geste de la pécheresse. Il n’approuve pas évidemment  son péché. Mais il accueille cette femme telle qu’elle est. Jésus accepte ce qu’elle est capable de lui donner, le peu, qu’elle est capable de faire aujourd’hui, pour exprimer son regret.

Jésus pose sur elle un regard qui dépasse et qui va plus profond que celui des autres invités. Eux, ces invités avaient sans doute déjà entendu parler de cette femme, et ils étaient là à regarder. Mais le  regard  de Jésus  va plus loin que ce que leurs yeux donnent de voir. Si elle pleure, c’est qu’elle est malheureuse, et qu’elle regrette son passé Des larmes de repentir ? Peut-être ? Des larmes de joie surtout ! Car elle croit que Jésus peut lui pardonner et la remettre debout. Si elle mouille de ses larmes et essuie avec ses cheveux les pieds de Jésus, si elle les embrasse, et y verse du parfum précieux, c’est pour manifester effectivement son grand amour. Il n’en faut pas plus pour Jésus : il pardonne, non d’abord parce qu’elle a beaucoup péché, mais parce qu’elle a beaucoup aimé, même si dans son passé, elle a mal aimé. Mais maintenant c’est sa Foi qui l’a sauve. Et  si Jésus l’avait repoussée, il l’aurait enfermée dans son péché. En la laissant faire, il veut lui faire comprendre qu’il ne veut pas la prendre pour lui, (comme cela fut vrai  pour ses clients précédents, pour ces autres hommes, dis-je, qu’elle rencontrait), mais il lui donne un amour qu’elle n’avait jamais encore reçu, un amour gratuit, pour lui permettre de renaître.

Nous avons nous-même, frères et sœurs, fait un jour l’expérience de renaître. C’est-à-dire d’une libération, de quelque chose qui nous pesait sur la conscience, et dont, à travers un aveu ou simplement d’une explication nous avons été libérés. Tout d’un coup on se sent plus léger. C’est comme un parfum qui aurait été répandu sur nous.

Le pardon est au cœur du message chrétien, et la réconciliation qu’il rend possible entre les personnes, dans les familles déchirées, dans les situations qui semblent complètement bloquées, est le fruit de l’évangile, et plus que jamais nécessaire aujourd’hui. Pour le vivre, il faut beaucoup d’humilité : tout le reste c’est Dieu qui le fait. Car il pardonne tout gratuitement, et donne gratuitement le parfum de la paix. Jésus est venu révéler aux hommes la miséricorde Dieu, notre Père, et sa tendresse infinie. A notre tour, il nous invite à l’annoncer à ceux qui n’osent plus se croire aimés. Personne ne va vers lui, avec son poids de péché, et retourner comme il est venu. L’Evangile nous redonne courage et force pour aller vers Dieu : il ne repousse aucun d’entre nous, si c’est le regret et l’amour qui nous conduisent vers Lui. Amen

par Yves GILLOT publié dans : lemoule
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Samedi 9 juin 2007

Corps et Sang  du Christ

Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, c’est la fête-Dieu, la fête du T-S. Sacrement du Corps et du Sang du Christ. C’est donc la fête de l’Eucharistie, la fête de la messe. On pourrait se demander pourquoi faut-il encore, alors que chaque jour, chaque dimanche nous célébrons l’Eucharistie, pourquoi faut-il encore cette fête de l’Eucharistie. Jusqu’au XVI° siècle l’Eglise n’avait jamais connu de contestation sur la présence réelle du Corps et du Sang du Christ dans l’Eucharistie. C’est à partir de Luther, au XVI° siècle, que la présence réelle du Christ a été mise en doute, contestée, combattue, refusée. L’Eglise a donc dû se battre elle aussi pour affirmer sa foi et son amour envers le Christ réellement présent sous le signe du pain et du vin consacrés. Elle a donc entouré le Très sacrement de vénérations, de dévotions,  de prescriptions liturgiques, et même de peines canoniques pour nous enseigner sur la réalité mystérieuse du Christ présent sous le signe de son sacrifice sur l’autel. C’est ainsi qu’elle a inventé les processions de la fête de Dieu, la communion sur la langue, l’adoration du T-S. Sacrement, l’interdiction de toucher l’hostie consacrée, la petite lumière près du tabernacle et autre chose encore..

 

 Elle a dû encore se battre contre une autre forme d’hérésie, qui consistait à dire : « Je ne peux pas communier, je ne dois pas communier, je suis trop indigne, trop pécheur » . Alors on ne communiait pas du tout, ou alors une fois ou l’autre dans sa vie. L’Eglise a donc enseigné que le sacrement de l’Eucharistie est fait pour nous et pour notre salut, pour les hommes et les femmes de la terre, pour nous qui sommes pécheurs et en voyage sur terre précisément où le péché nous frappe.

Les Pères de l’Eglise, les premiers prédicateurs de l’Evangile, témoins ou proches des Apôtres, nous ont transmis l’Eucharistie comme le don reçu des propres mains du Christ, comme le témoignage de son amour, comme la source où nous devons boire à la vie éternelle. « Si vous ne mangez pas ma chair, si vous ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous ».

L’Eglise a reçu du Christ le pouvoir de refaire ce que Jésus a fait la veille de sa mort ; « Faites cela en mémoire de moi ».  « L’Eglise fait l’Eucharistie, et l’Eucharistie fait l’Eglise. » disaient les  Pères de l’Eglise. L’Eglise fait l’Eucharistie, cela veut dire que l’Eglise confectionne l’Eucharistie avec le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes. Ce ne sont pas choses qu’on a cueillies tout simplement, mais qui ont été travaillées, transformées. Avant la consécration, ils ne sont que du pain et du vin, après la consécration ils sont devenus corps et sang du Christ. Il est grand le mystère de la Foi  !

Lorsque nous mangeons ce pain consacré et buvons ce vin consacré, lorsque nous communions nous devenons l’Eglise, le Corps. Lorsque le ministre te donne la communion : il dit : « le Corps du Christ » sous-entendu « mange le corps du Christ et deviens le Corps, deviens l’Eglise ». Ce n’est donc pas le Christ qui se transforme en toi, mais toi qui se transforme en lui. Tu deviens avec tes frères le Corps du Christ : l’Eglise.

Je disais, il y a un instant que l’Eglise a une telle conscience de ce dépôt de la foi, et du respect que les fidèles devaient avoir envers le T-Sacrement, qu’elle frappe d’une peine canonique, qu’on appelle l’excommunication dont l’absolution est réservée au pape, le fidèle qui consciemment profane les saintes espèces eucharistiques. Mais tant de croyants, tant de chrétiens sont respectueux du T-Sacrement. !! Mais je voudrais profiter de ce jour pour dire  qu’il nous faut augmenter encore l’honneur, le respect, l’amour que nous devons avoir envers la Sainte Eucharistie.

D’abord il faut communier dignement, en faisant, comme disaient les premiers chrétiens,

« un trône avec tes deux mains pour recevoir ton Seigneur ».

L’habitude, la routine, l’ignorance fait que, parfois, on voit des personnes venir communier en présentant le  pouce et l’index, comme s’ils voulaient prendre, ou happer quelque chose d’ordinaire, ou bien alors en ouvrant à peine les mains parce qu’il s’y trouve un reste de mouchoir en papier ou les clés de la voiture. Ce n’est pas digne ! Ce n’est pas honorer le Christ dans ce sacrement.

Quand nous recevons dans nos pauvres mains de pécheurs que nous sommes l’Eucharistie, et qu’on nous dit : le Corps du Christ, il faut répondre : Amen !( pas merci), mais Amen ! je crois ! C’est vrai ! Il faut communier dignement, cela veut dire aussi qu’il faut s’habiller correctement. Trop souvent on voit des personnes s’approcher de la sainte communion, le haut du corps complètement dévêtu, ou bien  vêtues de robes aussi courtes et étriquées que le SMIC. Non ! A force d’irrespect ou de routine, certains finiront un jour par se présenter à moitié nus. Il faut vérifier nos comportements et les rectifier s’il y a besoin.

Il y a le jeûne eucharistique. L’Eglise nous prescrit de rester à jeun une heure avant la communion(pas avant la messe). Les personnes âgées savent qu’autrefois, il fallait rester à jeûn depuis minuit avant la communion du matin .L’Eglise a adouci cette pratique du jeûne eucharistique qui nous ouvre à l’appétit de Dieu.

Il y a la vénération du T-S par le geste de l’inclination ou de la génuflexion. L’un ou l’autre. Mais quand on passe devant le sacrement doit prendre le temps de saluer le Seigneur par l’un ou l’autre de ces gestes. Tout cela, les parents chrétiens l’apprennent à leurs enfants. Il faudrait dire encore bien d’autres choses, mais si nous comprenons tout cela, et bien tout cela est juste et bon. Amen 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Yves GILLOT publié dans : lemoule
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Vendredi 1 juin 2007

Sainte Trinité –

 

 

Frères et Sœurs,

 

                            Un jour un jeune homme, probablement en recherche, va trouver un ermite. Un ermite, c’est un moine qui, à l’écart du monde, vit, dans le silence, la solitude, la prière et le travail. Alors ce jeune homme lui dit : « Père, je suis venu pour que tu me parles de Dieu. » Alors le prêtre le prend par la main et le conduit au bord d’une rivière qui se trouvait par là. Il lui plonge la tête dans l’eau, et le tient fermement pendant un certain temps, jusqu’au moment où ce jeune se mit à bouger, parce qu’il avait terriblement envie de respirer.

 

« Qu’est-ce que tu as ressenti », lui demanda le Prêtre.  « J’avais énormément envie de respirer », lui répondit le jeune homme. Et bien, poursuit le prêtre, quand tu auras envie d’entendre parler de Dieu, comme tu as eu envie de respirer, alors je t’en parlerai.

 

Cette histoire m’est revenue en mémoire en ce jour où nous fêtons la Sainte Trinité. C’est vrai :on ne peut pas parler de Dieu, ni entendre parler de Dieu, ni même écouter Dieu, sans envie, sans passion, sans amour. Dieu est le vivant. Il ne se communique qu’à ceux qui sont humbles, petits, simples, dénués d’orgueil. « Je te bénis, Père, d’avoir caché cela aux savants et de l’avoir révélé aux tous petits », dit Jésus.  Dieu n’est pas comme un fossile, comme un dinosaure que l’on étudie au microscope. Lorsque l’évangile, dans la bouche même de Jésus, nous révèle que Dieu est Unique en trois personnes, le Père, Le Fils, le Saint Esprit, il ne faudrait pas prendre tout de suite une machine à calculer pour voir comment Un égal Trois ; ou Trois égal Un. C’est d’un autre ordre. C’est une autre réalité. Nous ne pouvons parler de Dieu qu’avec des mots humains, approximatifs, des mots qui sont comme des balbutiements d’enfants. Mais parce que nous avons été crée à son image et sa ressemblance, nous pouvons réellement parler de lui avec nos mots à nous. A plusieurs reprises, Jésus nous  parle du Père, de l’Esprit, et lui-même est le Fils. Et on voit Jésus ressuscité adresser ses ultimes recommandations aux apôtres, en leur disant notamment : « allez dans le monde entier, enseignez toutes les nations et baptisez-les au « nom du Père, et du Fils et du St-Esprit. » C’est à partir donc de cette révélation que l’Eglise parlera de Trinité et Foi Trinitaire.

 

Dieu se révèle comme le Père, i.e. comme nous le disons dans le « je crois en Dieu », le Père tout-puissant. L’amour créateur. Le Père cela veut dire qu’il est la source, l’origine de toute vie, de toute création. Comme dit st. Paul nous tenons de lui « la vie, et le mouvement, et l’être ». Il se révèle aussi, non seulement comme le Dieu de l’immense création, mais comme quelqu’un de tout proche, si proche qu’il veut communiquer et dialoguer avec nous. Il est n’est pas seulement Père d’un peuple, mais frère de chacun de nous. Il est le Fils. Il est autre. Mais il n’est pas un autre Dieu.

 

Il se révèle enfin comme le souffle, comme le vent, comme le feu. Cela veut dire qu’il est insaisissable, immatériel. Il est Esprit. Il est le souffle de vie. Il est autre, mais il n’est pas un autre Dieu. Il se communique. Il se donne. Il est l’amour qui donne, qui se donne et qui pardonne.. La découverte de cet amour nous arrache ce cri : « abba ! » i.e. papa !

 

Nos parents nous ont pris par la main, portés dans leurs bras, serrés sur leur cœur. Ils nous ont protégés et consolés. Il nous ont appris à prendre au sérieux notre destin. La famille est en effet la première et indispensable école de la vie affective. C’est un travail long et lent. Ce travail d’éducation et d’amour, Dieu l’accomplit pour son peuple depuis Abraham jusqu’à nous : « Dieu a voulu que nous soyons ses enfants et nous le sommes en vérité »(1Jn3, 1). Père plein de tendresse, Dieu nous a fait entrer dans sa famille. Par le baptême, au nom du Père, du Fils et du St-Esprit, nous sommes engendrés comme ses fils et (pour reprendre une belle parole de st. Paul) « il fait de nous ses « héritiers, héritiers avec le Christ ».

 

Jésus nous a tracé dans l’évangile la manière de vivre pour être reconnu comme des fils et des filles de Dieu : « aimez-vous les uns les autres ». Ce n’est pas seulement un commandement à réciter, pas seulement à pratiquer, mais à transmettre comme une valeur de la vie trinitaire. Car Dieu, le Père, le Fils, et le St-Esprit, est amour.

 

« Dites-le avec des fleurs ! » C’est un slogan que l’on voit parfois chez les marchands de fleurs, écrit sur les panneaux publicitaires de leur magasin, un slogan que l’on proclame en particulier à l’occasion des mariages, de la fête des mères, et des pères. Pourquoi ? parce que on dit plus de choses avec un bouquet de fleurs qu’avec des mots. « Dites-le avec des fleurs ». C’est un symbole. Pour dire à Dieu notre amour, nous n’offrons pas seulement des fleurs, nous faisons le signe de la croix, nous agenouillons,  nous chantons, nous prions, nous faisons des cérémonies : autant de symboles. Mais le plus grand merci que nous pouvons lui adresser, c’est l’Eucharistie. Il est grand le mystère de la foi ! ce mystère où Dieu nous invite à sa table, où il se donne en nourriture à chacun d’entre nous, ce mystère où Dieu nous fait vivre ce qu’il sera auprès de nous dans son Paradis : Dieu tout ! en tous ! Dieu nous comble de sa joie. Et de son amour,  et de bonheur. Le jour qu’on avait installé des vitraux neufs, dans l’église st. Pierre et St.-Paul, à Pointe-à-Pitre, le maître verrier avait demandé aux enfants du catéchisme de faire un dessin pour exprimer la fête, la joie, le bonheur. Certains enfant ont dessiné des danses, de guirlandes etc. L’un d’entre eux a fait deux personnages l’un face à l’autre. Quand on lui a demandé l’explication, il a dit : « ça c’est mon papa, et ça c’est moi ! » Il me regarde et je le regarde. Et je suis heureux. Au ciel, Dieu nous regardera éternellement d’un regard d’amour….   Qu’il soit béni le nom de Dieu, de siècle en siècle, qu’il soit béni !. Amen

 

 

 

 

 

 

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Samedi 26 mai 2007

Pentecôte 2007

Frères et sœurs,

Le jour de la Pentecôte , dit l’Ecriture, l’Esprit Saint se manifeste comme un violent coup de vent , il descend sur les Apôtres sous forme de langue de feu. Et ceux-ci se mirent à parler en d’autres langues.. Jusqu’à ce jour, Jésus en avait parlé, mais nous n’avions jamais vu l’Esprit se manifester ainsi. Pourtant, il était toujours présent,  actif mais comme discret. C’est lui dont parle la Bible dans les premières lignes de la Genèse , le premier livre de la Bible où  il est dit que « le Souffle de Dieu planait sur la surface des eaux.. ». C’est lui que l’Ange Gabriel annonçait à Marie en disant : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre », signifiant ainsi qu’elle allait enfanter le Fils de Dieu. C’est lui que Jésus a envoyé sur ses apôtres après sa résurrection , lorsque,  soufflant sur eux , il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint, les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ». C’est lui que Jésus avait promis aux Apôtres comme « la force d’en haut,  le Paraclet, l’Avocat, l’Assistant qui les conduira dans la vérité toute entière, et leur donnera de se souvenir de tout ce qu’il a dit et enseigné. . »

C’est lui encore qui, tout au long de l’histoire du peuple de Dieu a suscité les patriarches et les prophètes, fortifié les martyrs, et les confesseurs de la foi, sanctifié les croyants . C’est lui, l’Esprit du Père et du Fils, l’Esprit de la Trinité sainte, que nous avons reçu au baptême et à la confirmation et qui nous donne aujourd’hui d’oser appeler Dieu « Père ». Il est force, il est grâce, il est amour, il est vie, il est puissant comme le vent,  brûlant comme le feu,  éblouissant comme le soleil.

L’Esprit de Pentecôte fait sortir les Apôtres du Cénacle où ils étaient en attente. Cette sortie est une naissance. Jésus envoie son souffle dans ce corps de l’Eglise naissante, mais encore inerte. L’Eglise prend vie et pousse son cri de naissance par la bouche de Pierre : « Jésus de Nazareth, Dieu l’a  ressuscité d’entre les morts : nous en sommes témoins. »

L’Esprit de vie est à l’œuvre aujourd’hui dans l’Eglise. Par le baptême et la confirmation, il régénère sans cesse l’Eglise, au cœur de ce monde, créant des énergies nouvelles pour servir et témoigner.

En ces temps où l’Eglise est affrontée à l’incroyance, au matérialisme,  au discrédit jeté sur la religion, aux dérives d’une science sans morale, l’Esprit lui donne un second souffle.. A notre époque où ce qu’on appelle « la modernité » donne à penser que la religion est caduque et dépassée, la foi ridicule, Dieu inutile et sans intérêt, l’Esprit pousse au sursaut missionnaire des communautés chrétiennes fragilisées par la peur ou tentées par l’immobilisme.

Une revue scientifique a fait état récemment d’une expérience absolument extraordinaire et inédite : des savants ont réussi à réanimer une bactérie endormie dans l’ambre de puis 40 millions d’années !.. Sur un tout autre plan, l’Esprit saint est capable de ranimer notre foi endormie, de raviver notre dynamisme éteint et de réveiller notre générosité atrophiée et anémiée.

L’hymne du jour de Pentecôte(que nous avons dans nos livre de messe) est un vibrant appel à l’Esprit.

« Lave ce qui est souillé ». Le Souffle de Dieu, plus puissant qu’un cyclone, vient laver nos cœurs de nos impuretés, et nous désintoxiquer de nos pollutions.

« Baigne ce qui est aride ! » L’Esprit de pentecôte vient féconder nos terres intérieures, nos cœurs desséchés, craquelées et rendues stériles par nos péchés.

« Guéris ce qui est blessé ! » L’Esprit de Pentecôte vient panser nos blessures, réparer en nous ce qui est cassé par l’échec, le découragement, le désespoir, et le manque d’amour.

« Assouplis ce qui est raide ! », ce qui est tordu, ce qui est erroné et extravagant , ce qui est bêtise et folie. Toutes les déviations qui sont nées de nos superstitions, de nos magies,  de nos maléfices, de nos pratiques occultes. « Assouplis ce qui est raide », c’est-à-dire encore nos attitudes rebelles et orgueilleuse de ne pas aimer, de ne pas pardonner, nos refus de plier et de changer de comportement.

Ce que l’Esprit a fait pour toi, Jésus, il veut le faire pour nous. Il est à l’origine de ton corps en Marie. Il vient féconder le pain et le vin eucharistiques pour nous nourrir et faire de nous des membres de ton Corps. L’Esprit qui a été sur toi pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, libérer les captifs, ouvrir les yeux des aveugles, il est avec nous pour continuer ta mission dans le monde d’aujourd’hui. Donne-nous ta docilité pour nous laisser conduire par lui, comme toi. Et nous aussi, nous goûterons la joie de tressaillir dans l’Esprit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Yves GILLOT publié dans : lemoule
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